Le retour du roi du recyclage
Michael Patrick King, l'homme qui a fait de Sex and the City une machine à cash avant de la transformer en zombie pour Max, ressort un vieux jouet du placard. The Comeback, sa série co-créée avec Lisa Kudrow en 2005, revient pour une nouvelle saison. Le pitch ? Une star de sitcom ringarde tente de revenir grâce à la télé-réalité. La vraie blague ? C'est exactement ce que King fait avec sa carrière.
La stratégie du cadavre tiède
Analysons les faits. The Comeback a duré 13 épisodes en 2005, a été annulée, puis a miraculeusement obtenu une seconde saison neuf ans plus tard en 2014. Critique ? Adoré. Public ? Absent. Maintenant, King nous explique que c'était 'en avance sur son temps'. C'est la nouvelle formule magique de Hollywood : chaque échec est en réalité une œuvre visionnaire que le monde n'était pas prêt à comprendre. Pratique.
Et l'IA dans tout ça ?
La nouvelle saison aurait pour intrigue l'IA écrivant une sitcom. King déclare que c'est 'très possible'. Bien sûr que c'est possible. Regardez And Just Like That : des dialogues en carton-pâte, des arcs narratifs prévisibles, une nostalgie exploitée à la chaîne. Un script de ChatGPT aurait au moins l'avantage de la nouveauté. Mais non, King assure que cette suite vieillira bien. C'est vrai, comme le fromage oublié au fond du frigo : ça prend une texture intéressante avec le temps.
Le business model : la nécrophilie créative
Le vrai génie de King n'est pas dans l'écriture, mais dans le business model. Prenez une propriété intellectuelle morte (Sex and the City). Injectez-lui un budget HBO Max. Ressuscitez un vieux projet 'culte' mais ignoré (The Comeback) pour faire croire à un renouveau artistique. Le tout en parlant d'IA pour paraître dans le vent. C'est du recyclage à trois étages, une pyramide de Ponzi narrative où chaque nouvel étage cache la faillite du précédent.
La leçon de 'The Comeback' : personne n'apprend jamais rien
Le personnage de Valerie Cherish, joué par Kudrow, est une actrice désespérée qui se vend à la télé-réalité pour rester pertinente. L'ironie est si épaisse qu'on pourrait la couper au couteau. King, le showrunner qui a transformé Carrie Bradshaw en mamie libérée et qui ressuscite ses propres échecs, écrit-il une méta-comédie sur lui-même ? Probablement pas. Il est trop occupé à nous expliquer pourquoi And Just Like That sera un classique. Spoiler : ce ne sera pas le cas. Mais dans dix ans, il nous ressortira peut-être cette interview pour prouver qu'il avait raison, et qu'on était trop bêtes pour le voir.