Meta, l'entreprise qui a fait de la surveillance un business model, lance Muse Image, son nouveau modèle de génération d'images. Devinette : à qui appartiennent les visages qui peuplent ces créations ? Indice : si vous avez un compte Instagram, votre tronche est peut-être déjà en train de décorer une image générée par un inconnu. Sans votre consentement, évidemment.
Muse, le nouveau joujou de Zuck qui pigeon
Annoncé mardi, Muse Image remplace les modèles Llama dans les outils d'édition de Meta AI, Instagram et WhatsApp. Bientôt sur Facebook et Messenger. La promesse ? « Agentique », claironne Alexandr Wang, le nouveau gourou du Superintelligence Labs. Traduction : le modèle peut chercher sur le web, raisonner et planifier avant de générer une image. Sauf que dans les faits, il va aussi piocher dans votre fil Instagram pour nourrir ses algorithmes. Pratique pour Meta qui n'a jamais vraiment demandé la permission.
Un système qui vous met en scène malgré vous
La fonction phare ? Pouvoir intégrer n'importe quel utilisateur d'Instagram dans une photo générée par IA. Imaginez : un parfait inconnu tape « Mark Zuckerberg en train de pleurer sur une licorne », et hop, votre visage apparaît à côté. Pas de validation, pas de check. Meta vous offre en pâture à ses modèles, comme un vulgaire stock de données. Vous pensiez que votre compte était privé ? Raté. Les conditions d'utilisation vous rappellent que tout ce que vous postez appartient déjà à Meta (et à ses futures IA).
Une révolution ? La même rengaine
Les influenceurs de la tech s'extasient : « Muse est agentique ! C'est intelligent ! » En réalité, c'est juste une meilleure pompe à fric. Meta cherche à rentabiliser sa montagne de données — vos photos, vos likes, vos stories — en vendant du rêve aux annonceurs. Chaque image générée avec votre tête est un nouvel actif pour Meta. Vous travaillez gratuitement pour le roi de la pub.
Qui se goinfre ? Qui se fait rouler ?
Meta, évidemment. Avec 3 milliards d'utilisateurs actifs, le moindre % d'engagement alimente la machine. Vous, vous faites les frais. Pas de compensation, pas de contrôle. Et pendant ce temps, des concurrents comme Stability AI ou Midjourney doivent payer des licences pour des bases de données nettoyées. Pas Meta. Eux, ils piochent dans le vivier gratuit.
Un futur où votre visage devient un service
La prochaine étape ? Des avatars générés à la demande, des deepfakes corporate, et peut-être même un marché. Vous pourrez acheter une image de vous-même dans un tableau de Monet — moyennant un abonnement Meta AI+. Sauf que c'est votre propre visage qu'on vous revend. Une logique implacable : quand le produit est gratuit, c'est vous le produit. Et quand le produit devient payant, c'est encore vous.
La réponse de Meta ? Un silence assourdissant
Contacté par Susanoo News, Meta n'a pas répondu. Sans surprise. Leur politique de confidentialité est un labyrinthe de clauses absconses. Et Wang continue de pondre des threads enthousiastes sur Threads (encore un produit Meta). Le message est clair : innovez, mais ne posez pas de questions.
Alors, la prochaine fois que vous verrez une photo de vous sur Instagram que vous n'avez jamais prise, ne cherchez pas. C'est juste Muse qui fait son boulot. Et vous, vous avez signé en bas du contrat.