La com’ avant l’innovation : un classique Meta
Alors que le monde de la tech cherche désespérément la prochaine révolution, Meta, lui, a trouvé la sienne : le dépôt de brevets. Deux nouveaux modèles de Ray-Ban Meta ont été repérés dans les fichiers de la FCC ce mois-ci. La « grande nouvelle », selon les communiqués qui se préparent dans les open spaces climatisés de Menlo Park ? Ce sont des « unités de production ». Traduction : ils sont prêts à inonder le marché. Prêts à re-lancer ce qui n’a jamais vraiment décollé.
Le même flop, en version 2.1
Souvenez-vous : fin 2023, Meta dévoilait ses lunettes de deuxième génération avec la fanfare habituelle. Un mois après l’obtention de l’homologation FCC. Aujourd’hui, le scénario est écrit à l’identique. Même partenaire, EssilorLuxottica, le géant du luxe qui comprend si bien la tech. Même promesse : mettre une IA qui comprend tout dans un cadre de lunettes. Sauf que la première mouture comprenait surtout… qu’il fallait filmer et enregistrer vos amis sans leur consentement. Fonctionnalité phare.
L’argent, le seul vrai métadonnée qui les intéresse
Analysons le mouvement. Pourquoi sortir un nouveau modèle si vite ? Parce que les ventes de la version 2023 ont été médiocres. Pas assez de données siphonnées, pas assez d’yeux rivés sur un écran de 5 centimètres carrés. L’équation est simple : il faut relancer la machine à cash et, accessoirement, à données. Chaque nouvelle paire, c’un nouvel utilisateur à tracker, de nouvelles conversations à analyser, de nouveaux visages à ajouter à l’album de famille de l’IA surveillance.
L’IA ? Toujours aussi bête en dehors d’une démo
Le vrai scandale, ce n’est pas le nouveau design ou le Bluetooth amélioré. C’est que l’IA embarquée reste un jouet. Elle identifie mal un monument, traduit approximativement, et vous propose d’acheter un t-shirt dès que vous regardez un arbre. Mais elle excelle dans une tâche : collecter. Collecter votre environnement, vos interactions, vos moments de vulnérabilité. C’est ça, le vrai produit. Vous n’achetez pas des lunettes, vous louez un terminal de collecte pour le métavers qui n’existera jamais.
Conclusion : ne tombez pas dans le panneau (encore)
Meta et Luxottica vont donc vous présenter ça comme une avancée. Ils parleront de design raffiné, d’expérience utilisateur fluidifiée. Ils ne parleront pas de la batterie qui tient 3 heures, de l’assistant qui bugge au premier accent, ou du fait que vous paierez 100 euros de plus pour un hardware quasi-identique. L’innovation est dans le marketing, pas dans le produit. Leur objectif est clair : faire de votre visage une interface de plus pour leur écosystème verrouillé. Votre seul pouvoir : garder votre argent et votre vie privée. Pour une fois, soyez à la mode : restez analogique.