Mark Zuckerberg a trouvé une nouvelle façon de vous mettre la main dans le slip sans même vous demander votre âge. Son arme secrète ? Une IA capable d'analyser votre taille et votre structure osseuse à partir d'une simple photo. Parce que, évidemment, demander une pièce d'identité, c'est tellement has-been.
L'IA orthopédiste de Menlo Park
Selon un communiqué de Meta – qu'on aurait pu prendre pour un canular si le ridicule ne tuait pas – le système est déjà en service dans quelques pays sélectionnés (sans doute ceux où les défenseurs de la vie privée n'ont pas encore de lois). Le but officiel : empêcher les mineurs de se créer un compte en douce. La méthode : toiser votre silhouette, estimer la longueur de vos tibias, et, on suppose, compatir avec votre morphologie. La précision ? Meta promet des résultats 'prometteurs'. Traduisez : 'on tâtonne, mais ça fait bien dans les rapports trimestriels'.
Bienvenue dans la dictature du fémur
Posons les faits : Meta collecte déjà vos likes, vos clics, vos messages privés, votre localisation, les photos de vos chats et vos goûts musicaux. Mais ça ne suffit pas. Il faut maintenant qu'ils sachent si votre fémur correspond à un tableau Excel des moyennes d'âge. Et pendant qu'on y est, pourquoi ne pas ajouter un capteur de croissance capillaire pour détecter les perruques ? Le data-mining devient de la data-vivisection. On frôle l'obsession médicale : Meta veut vous connaître jusqu'à la moelle.
Et les fausses promesses ? Ah oui, la protection des enfants. Sauf que le même Meta qui prétend s'inquiéter pour nos chers bambins est celui qui a laissé fleurir des réseaux de pédocriminels sur ses plateformes pendant des années. Mais aujourd'hui, ils vont mesurer les os. On se demande s'ils ne vont pas plutôt rassurer les annonceurs en prouvant que leurs cibles marketing ont bien l'âge légal pour cliquer sur des pubs de laxatifs.
L'argent ne ment pas, les os non plus
Suivons la piste du fric. En déployant cette analyse osseuse, Meta se dote d'un argument imparable pour les régulateurs, tout en renforçant son emprise sur vos données biométriques – un marché qui, selon les estimations, pèsera plus de 100 milliards de dollars d'ici 2030. Zuckerberg transforme vos défauts de croissance en actifs financiers. Beau boulot.
Et que se passe-t-il si l'IA se trompe ? Si votre grand frère de 25 ans a un visage poupin et des épaules étroites, dans quel tiroir finira-t-il ? Suspension de compte, appel au secours, et un bataillon de modérateurs sous-payés pour lui demander une copie de son acte de naissance. La machine à erreurs est en marche.
La grande mascarade de la protection
Meta nous ressort le même disque rayé : 'On veut juste sécuriser la plateforme.' Mais la vérité, c'est que ce système est une usine à gaz destinée à justifier une escalade de la surveillance. Demain, ce sera l'analyse des empreintes digitales à partir de selfies, après-demain un scanner rétinien pour vérifier que vous avez bien l'âge de regarder des vidéos de chats. Et pendant ce temps, les vrais dangers – les algorithmes qui rendent accro, les fausses informations, le harcèlement – restent bien au chaud.
Alors, Meta, bravo. Vous avez réussi à transformer un problème de société (la protection des mineurs) en une opportunité de collecte de données biométriques. Si vous pouviez, vous scannerez notre ADN pour savoir si on est prédisposé à aimer les pubs de voitures. Mais rassurez-vous, le ridicule n'a pas tué l'innovation. Il l'a juste rendue encore plus flippante.