Adam Mosseri, le gardien auto-proclamé de l’écosystème Instagram, a encore frappé. Dans une interview accordée à Platformer (parce qu’il faut bien que quelqu’un les écoute), il annonce que les entreprises — et donc Meta — vont devoir gérer les dépenses de tokens AI comme la paie ou les charges. Traduction immédiate : des plafonds par ingénieur. Fini le rêve de faire tourner des centaines de requêtes par jour pour améliorer son prompt. Bienvenue dans l’ère du rationnement numérique.
L’innovation sous perfusion administrative
Mosseri compare les tokens à des ressources finies, comme les heures de travail humain. Mais sous le jargon corporate se cache une réalité moins ragoûtante : Meta dépense 35 milliards de dollars par an en infrastructures IA (data centers, puces Nvidia, etc.), et veut maintenant rationner l’accès à cette puissance pour ses propres employés. Pourquoi ? Parce que, selon lui, l’IA coûte cher et qu’il faut être responsable. Vraiment ? On ricane doucement en regardant les comptes de Meta.
L’hypocrisie du discours Meta
Pendant que Mark Zuckerberg nous rebat les oreilles avec ses prophéties IA dans ses Reels (toujours plus longues, toujours plus chiantes), ses ingénieurs vont devoir surveiller leur compteur de tokens comme des comptables en herbe. C’est comme si on donnait une Ferrari à un pilote en le forçant à ne faire que des allers-retours au supermarché. Les vrais projets innovants, les prototypes audacieux, les idées de la veille passeront à la trappe pour cause de budget dépassé. Le token devient le nouveau ticket de rationnement, version 2.0 et sans pain de mie.
Qui gagne, qui perd ?
Les grands gagnants : les vendeurs de logiciels de gestion de tokens (merci l’écosystème des startups bullshit) et les middle-managers qui vont pouvoir justifier leur poste en arbitrant des budgets microscopiques. Les perdants : les ingénieurs, qui passeront plus de temps à remplir des formulaires de demande de tokens qu’à coder. Sans parler de l’impact psychologique : la créativité, ça se nourrit de liberté, pas de plafonds de verre. D’ailleurs, rappelons que Mosseri lui-même n’a jamais eu à justifier ses propres dépenses en tokens.
Le vrai problème : Meta fait porter le chapeau à ses troupes
Meta essaie de déguiser un problème de management des coûts en exercice de responsabilisation individuelle. Plutôt que de réduire ses investissements pharaoniques dans des projets douteux (le métavers, ce trou noir à 50 milliards, vous vous souvenez ?), on met la pression sur les petites dépenses quotidiennes des ingénieurs. C’est comme si un PDG dépensait des millions en cigares et demandait à ses employés de limiter l’utilisation du chauffage. Résultat : des économies de bouts de chandelle pendant que les dirigeants continuent de brûler des billets pour des visions fumeuses.
Alors oui, Adam Mosseri nous apprend que l’avenir de l’IA chez Meta s’annonce sous le signe du rationnement et de la bureaucratie. La révolution IA ? Elle devra passer par un formulaire de demande de tokens en trois exemplaires, signé par un supérieur. Morale de l’histoire : ne laissez jamais un manager vous dire comment dépenser vos tokens, surtout quand il vient de claquer des milliards dans une machine à produire des licornes en réalité virtuelle.