Meta vient d'annoncer des profits records — 39 milliards de dollars en 2024, une augmentation de 25% sur un an. Pendant ce temps, la boîte s'apprête à licencier 10% de ses effectifs la semaine prochaine. Belle coïncidence, n'est-ce pas ? Zuckerberg, le roi de la philanthropie de façade, continue de s'enrichir pendant que des milliers de familles trinquent. WIRED a recueilli les confidences d'une dizaine d'employés, actuels et passés. Le constat est sans appel : “tout le monde est malheureux”. Mais allez, on va se faire un petit plaisir, on va piocher dans les détails croustillants.
Des chiffres qui donnent envie de gerber
Commençons par les faits, car c'est avec ça qu'on frappe. Meta a enregistré un profit net de 11,6 milliards de dollars au dernier trimestre 2024. Soit +20% par rapport à l'année précédente. Pendant que les actionnaires se frottent les mains, la direction prévoit de couper 3 500 postes — environ 10% des 35 000 employés. La logique du capitalisme, version Silicon Valley : quand ça marche, on coupe dans les effectifs pour plaire aux marchés. Le cynisme est à son comble. On parle d'une boîte qui dépense 16 milliards de dollars par an en R&D, notamment dans le metaverse — ce trou noir technologique qui n'a toujours pas trouvé d'application autre que d'enrichir Zuckerberg. Mais les emplois, les salaires, les vies, ça se coupe sans sourciller.
Le moral à zéro, la peur au ventre
WIRED a interviewé des employés sous couvert d'anonymat — normal, quand tu risques de te faire virer pour avoir parlé. Le tableau est glacial. Un cadre moyen a déclaré : “Les réunions sont devenues des séances de survie. Tout le monde regarde ses arrières, personne ne fait confiance à personne.” Un autre ancien employé, viré en 2023, ajoute : “Meta est devenu une machine à broyer les talents. Tu es embauché pour ta compétence, tu es gardé pour ta docilité.” Le pire, c'est que les licenciements ne touchent pas seulement les petits bras. Même les managers intermédiaires sont dans le viseur. Zuckerberg a déclaré vouloir “aplanir la hiérarchie” — comprenez : se débarrasser des cols blancs qui coûtent cher. Ironie : c'est le même Zuckerberg qui, en 2023, promettait “l’année de l’efficacité”. Visiblement, l'efficacité, c'est virer des gens quand tu as des profits records. Un véritable manuel de management version dystopie.
Qui se goinfre, qui se fait rouler
Suivons l'argent, comme toujours. Les 15 principaux actionnaires de Meta ont vu leur patrimoine augmenter de 22% depuis l'annonce des licenciements. Pendant ce temps, les employés licenciés toucheront une indemnité de départ “conforme au marché” — soit 4 semaines de salaire, comme la loi l'exige à peine. Un employé a raconté à WIRED qu'il avait été licencié par un mail automatisé, sans aucun entretien. Classe. La direction, elle, s'offre des bonus astronomiques. Sheryl Sandberg, partie en 2022, continue de toucher des options d'achat d'actions. Et Zuckerberg ? Sa fortune personnelle est estimée à 164 milliards de dollars. Mais il n'a pas le temps de s'occuper des petits, il doit préparer le prochain modèle d'IA open source qui va encore une fois être retardé.
Une entreprise en pleine schizophrénie
Meta est une boîte schizophrène. D'un côté, on prône l'innovation, l'open source, la bienveillance. De l'autre, on coupe dans les effectifs, on licencie les équipes les plus créatives, on impose des retours au bureau obligatoires pour ceux qui restent. Un employé actuel, qui a souhaité rester anonyme, résume : “Ils veulent qu'on soit créatifs, mais sous pression constante. Ils veulent qu'on innove, mais avec moins de gens. C'est le grand n'importe quoi.” WIRED rapporte que le taux de burnout est multiplié par 3 depuis 2022. Et la direction ? Elle préfère externaliser des projets vers l'Inde et l'Europe de l'Est, où la main-d'œuvre coûte trois fois moins cher. Mais bien sûr, tout cela est fait au nom de “l'efficacité opérationnelle”.
La vérité qui dérange : le talent fuit
Le plus ironique dans tout ça, c'est que Meta est en train de perdre ses meilleurs éléments. WIRED a recensé plus de 200 recruteurs de haut niveau qui ont quitté la boîte depuis 2023 pour rejoindre Google, Microsoft ou des startups. Un expert en IA interrogé confie : “Pourquoi rester chez Meta ? La pression est insoutenable, la direction ne respecte plus les gens, et le travail est devenu ingrat.” Pendant ce temps, Zuckerberg annonce sur son blog des “innovations majeures” pour 2026. Mais à ce rythme, il n'y aura plus personne pour les coder.
Alors voilà, Meta : profits records, moral à zéro, et un avenir qui sent le roussi. Mais ne vous inquiétez pas, les actionnaires se portent bien. Et ça, c'est tout ce qui compte dans la Silicon Valley moderne. Susanoo News vous dit : continuez à vendre vos données, à liker des photos, à regarder des vidéos. Pendant ce temps, les vrais créateurs de valeur — les employés — se feront remplacer par des algorithmes et des contrats précaires. Welcome to the metaverse, losers.