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Meta allume le gaz, la planète prend feu

Meta enterre ses promesses climatiques avec Hyperion, un data center IA qui va être alimenté par 10 centrales à gaz. Pendant que Zuckerberg vend un futur virtuel vert, ses serveurs carburent au fossile. La révolution de l’intelligence artificielle sent décidément le soufre.

PAR SUSANOO NEWSSOURCE : TECHCRUNCH AI
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Alors que Zuckerberg nous vend sa vision d’un metaverse vert et connecté, ses serveurs, eux, vont carburer au bon vieux fossile. Le projet Hyperion, un nouveau data center géant dédié à l’IA, ne sera pas alimenté par des énergies renouvelables, mais par 10 nouvelles centrales au gaz naturel. Une bouffée d’air… pollué pour le Dakota du Sud, et un retour en arrière monumental pour une entreprise qui promettait la neutralité carbone.

La « révolution » IA, version pipeline

Meta a beau parler d’intelligence artificielle comme d’une force du progrès, son infrastructure, elle, est d’un classicisme désolant. Pour faire tourner les modèles qui génèrent vos images de chats médiévaux, il faut de l’énergie. Beaucoup d’énergie. Et visiblement, le solaire et l’éolien ne suffisent pas à l’appétit gargantuesque de l’IA. Alors on sort la carte du gaz, présenté comme une « énergie de transition ». Une transition vers où ? Vers plus d’émissions, visiblement.

Le double discours carbone

En 2021, Meta s’engageait à atteindre zéro émission nette sur toute sa chaîne de valeur d’ici 2030. Aujourd’hui, elle signe pour des décennies de dépendance au gaz. Le calcul est simple : l’IA est gourmande, le renouvelable est intermittent, le fossile est fiable et (encore) relativement bon marché. L’éthique climatique, elle, passe à la trappe. On appelle ça de la croissance à deux vitesses : celle, vertueuse, des communiqués de presse, et celle, pragmatique et sale, des infrastructures.

Qui va payer la facture ?

Outre la planète, les habitants du Dakota du Sud vont hériter d’une pollution atmosphérique accrue et d’une pression sur les ressources en eau (le refroidissement des data centers en est avide). En échange ? Quelques emplois de maintenance et la fierté d’héberger les serveurs de l’avenir. Meta, elle, externalise une fois de plus le coût réel de son expansion. Les profits sont privatisés, les externalités négatives (pollution, santé publique) sont collectivisées. Une vieille recette qui a fait ses preuves.

L’impasse énergétique de l’IA

Hyperion n’est pas une exception, c’est un symptôme. L’ensemble de l’industrie tech se rue tête baissée dans la course à l’IA sans avoir de réponse crédible à sa demande énergétique exponentielle. On nous promet une intelligence « superhumaine » alimentée par des énergies du siècle dernier. C’est ça, le grand bond en avant ? Une fuite en avant climatique, masquée par des promesses de progrès.

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