MacPaw, le roi du logiciel qui prétend nettoyer votre Mac de ses excréments numériques, a décidé de nous refaire le coup de l'IA locale. Cette fois, c'est avec Liquid AI, la start-up hype qui vous garantit des modèles si légers qu'ils pourraient tourner sur un Tamagotchi. L'objectif ? Offrir aux développeurs de son app store une inférence sur-device pour son assistant Eney. On applaudit bien fort. Ou pas.
Le grand retour du local, ou la panique du nuage
Alors que l'industrie entière se rue vers les data centers gorgés de GPU, MacPaw nous vend du « on-device » comme si c'était une révolution. Sauf que le local, c'est le monde d'avant. Celui où votre assistant ne sait pas reconnaître un chat d'un chamallow sans passer par des serveurs dans l'Iowa. Mais en 2025, le local est devenu un argument marketing pour les marques qui veulent se donner des airs de rebelles. « Vos données restent sur votre appareil ! » C'est beau. Sauf que ce sont les mêmes entreprises qui monétisent vos moindres clics via leurs suites d'outils. MacPaw ne déroge pas à la règle.
Eney, l'assistant qui n'assiste que les actionnaires
Eney, c'est le petit copain IA censé vous simplifier la vie. Mais simplifier la vie aux développeurs, c'est surtout simplifier la vie à MacPaw. En intégrant Liquid AI, l'entreprise s'offre une vitrine : « Regardez, nous faisons tourner de l'IA sans internet ! » Pure poudre aux yeux. La vraie question : pourquoi une entreprise comme MacPaw, qui vend de l'optimisation système, se met soudain à faire de l'IA ? Parce que c'est la tarte à la crème. Parce que les investisseurs en bavent. Et parce que, dans la Silicon Valley, si tu ne parles pas d'IA, tu n'existes plus.
Liquid AI, le miroir aux alouettes des modèles « efficaces »
Liquid AI, avec ses réseaux neuronaux liquides inspirés du ver de terre (littéralement), a réussi à convaincre des fonds que moins c'est plus. Plus de paramètres, mais plus d'efficacité. Sauf que derrière la magie, il s'agit encore de matrices et de multiplications. Et on nous vend ça comme une rupture épistémologique. Devs, ouvrez les yeux : si Liquid AI était si miraculeux, vous n'auriez pas besoin de l'API pour déployer votre app. Mais MacPaw s'y accroche, comme une moule sur la coque d'un pétrolier. Les vraies questions, personne ne les pose : qui va payer ? Quel prix ? Quel bordel quand votre modèle fera des hallucinations sur un MacBook Air de 2019 ?
Qui se goinfre, qui se fait rouler
Les développeurs, évidemment. On leur promet des capacités d'IA locales, mais ils devront intégrer un SDK propriétaire, payer des commissions sur les achats intégrés, et surtout, nourrir les écosystèmes fermés de MacPaw. Et pendant ce temps, Liquid AI empoche les millions de son tour de table, MacPaw empoche les royalties, et vous, pauvre dev, vous croyez avoir l'IA dans la poche. L'ironie ? Cette annonce est probablement une opération de relations presse pour préparer la prochaine levée de fonds. Personne n'est dupe, sauf ceux qui boivent le Kool-Aid.
Alors oui, bravo à MacPaw pour cette petite musique « on-device pour votre vie privée ». Mais n'oublions pas : CleanMyMac, c'est aussi un logiciel qui scanne vos disques, vos accès, et envoie des télémétries. Votre Mac n'a jamais été un coffre-fort, et Eney ne le deviendra pas. C'est juste un assistant de plus qui vous fera parler tout seul, pour le plus grand bonheur des actionnaires. Bon appétit.