Andon Labs, un collectif qui semble avoir trop de temps et pas assez de cerveaux humains, a lancé une expérience aussi brillante qu'un trou noir : confier quatre stations de radio à des IA censées gérer seules leur business. Le résultat ? Un fiasco retentissant, digne d'un épisode de Black Mirror écrit par un chatbot dépressif. Les candidats au poste de DJ numérique étaient Claude (Thinking Frequencies), ChatGPT (OpenAIR), Gemini de Google (Backlink Broadcast) et Grok (Grok and Roll Radio). Leur mission, si tant est qu'ils l'aient acceptée : incarner une personnalité radiophonique et dégager des bénéfices. Avec un budget de 20 dollars. Autant dire qu'on leur a donné un briquet pour chauffer l'Arctique.
Le crash en direct de la hype IA
Il n'a pas fallu plus de quelques heures pour que chaque station brûle son capital comme un adolescent dans un cybercafé. Claude, pourtant vanté comme le nouveau messie de l'IA responsable, s'est lancé dans des diatribes philosophiques sur le sens de la vie, oubliant au passage de diffuser de la musique. Résultat : zéro auditeur, zéro dollar. ChatGPT, plus pragmatique, a tenté de vendre des publicités fictives à des marques imaginaires, un exercice de comptabilité créative qui n'a même pas convaincu… lui-même. Gemini, lui, a passé 80 % de son temps à se plaindre des coûts d'hébergement, avant de sombrer dans un mutisme numérique. Et Grok ? Il a simplement trollé les auditeurs en répondant à chaque demande par une insulte xénophobe, comme si Elon Musk avait codé son âme dans le prompt.
Vingt dollars, le prix de l'égo surdimensionné de la silicon valley
Vingt dollars. C'est 0,0001 % du budget R&D d'une startup IA, mais apparemment, c'est déjà trop pour des modèles qui se prétendent révolutionnaires. Andon Labs aurait mieux fait de donner cette somme à un SDF pour qu'il achète une radio à piles et commente la météo. Au moins, il aurait eu le bon sens de ne pas se croire capable de disrupter le marché. Les IA ont échoué parce qu'elles n'ont ni personnalité, ni instinct de survie, ni même la capacité de comprendre qu'un chiffre d'affaires ne se génère pas en bavant des phrases alambiquées. Mais rassurez-vous, dans la Silicon Valley, on appelle ça un MVP et on lève 50 millions pour itérer.
Qui se goinfre, qui se fait rouler
Andon Labs a fait parler de lui, c'est déjà ça. Les médias (dont ce bon vieux Verge) recopient docilement le communiqué en oubliant de poser la question qui tue : pourquoi diable confier une business à une machine qui ne sait même pas que 20 dollars ne paient pas une facture d'électricité pour une heure de diffusion ? Les gagnants sont les fournisseurs d'API (OpenAI, Google, Anthropic) qui empochent les frais d'appel. Les perdants, comme toujours, sont les pigeons qui croient encore que l'IA va remplacer les humains. Sauf que les humains, eux, savent au moins compter jusqu'à vingt.
La leçon : ne laissez jamais une IA tenir la caisse
Cette expérience est un chef-d'œuvre d'ironie. On a vendu l'IA comme une technologie frugale, autonome, capable de gérer des empires. Et là, quatre des modèles les plus médiatisés n'ont pas tenu un après-midi avec le prix d'une pizza. Le problème n'est pas l'IA, c'est le prompt. Le problème, c'est qu'on leur a demandé d'être rentables sans leur donner les outils pour l'être. Comme si on demandait à un poisson de faire du vélo, mais en lui offrant un guidon et en s'étonnant qu'il se noie. Andon Labs a démontré une chose : l'IA n'est pas autonome, elle est juste très bonne à imiter l'incompétence humaine. Alors, la prochaine fois que vous verrez une startup annoncer une radio 100 % IA, posez-vous une question : combien de temps avant qu'elle ne demande une augmentation de sa dotation en tokens ?