Les grands patrons de la tech ont trouvé le joint parfait : annoncer des licenciements massifs en agitant l'IA comme un hochet. Coinbase, Amazon, Block, Meta… tous y passent. La dernière mode ? Flatter la hiérarchie en promettant une organisation minimaliste dopée à l'intelligence artificielle. Sauf que derrière la tambouille marketing, ce sont des milliers de managers qui prennent la porte, souvent sans filet.
La grande lessive des middle managers
Coinbase a dégraissé 14% de ses effectifs la semaine dernière. Motif officiel ? L'IA permet de faire plus avec moins. Traduction : on vire les parasites du middle management. Mais quand on gratte, on trouve la même rengaine chez Meta (21 000 licenciements en 2023), Amazon (27 000) ou Block (1 000). Chaque fois, le même refrain : on élimine les couches inutiles. Pratique quand on veut faire des économies sans dire qu'on garde les bonus des dirigeants.
L'IA : le paravent idéal
Que l'IA remplace quelques tâches, d'accord. Mais confondre réorganisation et prétendue efficacité algorithmique, c'est du foutage de gueule. Ces entreprises dépensent des milliards en R&D IA, mais leurs vrais COÛTS sont les salaires des managers. Alors on coupe, et on emballe le tout dans un discours disruptif. Les analystes financiers applaudissent, les cours montent, les actionnaires se frottent les mains. Les victimes, elles, doivent juste croire que c'est pour leur bien.
Qui trinque ? Ceux qui faisaient le sale boulot
Les middle managers ne sont pas que des courroies de transmission. Ce sont eux qui forment les juniors, qui gèrent les conflits, qui maintiennent une cohérence dans des boîtes devenues des monstres bureaucratiques. Les virer, c'est sacrifier le mentorat, l'accompagnement, les perspectives de carrière. Les guinea pigs – cobayes – de l'article original n'ont pas tort : ils sont les premiers à goûter à la purge pendant que les C-Suite se pavanent dans leurs keynote IA.
Et après ? Le désert de l'encadrement
Sans managers intermédiaires, qui va gérer les équipes ? Des algorithmes ? On a vu le résultat avec les modérations automatisées – un carnage. Les entreprises qui ont flingué leur middle management vont découvrir, amères, que l'IA ne sait pas remplacer l'humain pour la coordination, la motivation, la transmission des savoirs. Mais d'ici là, les stock-options auront été exercées, les parachutes dorés déployés. Les dégâts collatéraux ? On verra plus tard – mais pas dans le communiqué de presse.