Bienvenue dans l'édition du jour de cette newsletter qui singe la neutralité. On nous sert du « AI malaise » et du « babymaking tech » sur le même plateau, comme si le futur tenait dans une soucoupe volante et une éprouvette. Mais derrière les promesses, il y a surtout des portefeuilles qui se remplissent et des cerveaux qui se vident. Alors on va gratter le vernis.
L'IA : un malaise qui sent le fric
« We’ve entered the era of AI malaise », nous glisse-t-on timidement. Traduction : on a balancé des milliards dans l'IA, on ne sait toujours pas à quoi elle sert vraiment, et on commence à tousser. Les GAFAM vous jurent que tout va bien, mais leurs rapports financiers sentent la transpiration. OpenAI, Anthropic, Mistral… des start-up valorisées comme des pays africains, pour produire des chatbots qui inventent des recettes de pizza quand on leur demande l'heure. Et les régulateurs ? Peau de balle. Bruxelles joue les gros bras avec son AI Act, mais c'est un tigre en papier qui ne mord que les petits. Les gros, eux, continuent à aspirer nos données et à bullshiter sur la « transformation sociétale ». La vérité ? L'IA est devenue une pompe à fric qui tourne à vide, sauf pour les consultants en innovation et les actionnaires de Nvidia.
Les bébés sur commande : l'utérus des riches
Et pendant ce temps, le « babymaking tech » nous promet des enfants parfaits, sans maladie génétique, avec des yeux bleus et un QI boosté. On parle de CRISPR sur des embryons, de FIV améliorée, de diagnostics préimplantatoires poussés. Mais qui va en profiter ? Pas la mère célibataire au Smic. Non, c'est le VC de Sand Hill Road qui veut un bébé à la carte dans 18 mois, entre deux levées de fonds. Les start-up comme Genomic Prediction ou 23andMe (avant sa faillite) vendent du rêve à 10 000 dollars le test. Et les régulateurs ? Ils regardent ailleurs, trop occupés à sauver les banques. Le résultat ? Une médecine procréative à deux vitesses : les pauvres font des gosses comme au XIXe siècle, les riches fabriquent des héritiers sur mesure. C'est pas de l'eugénisme, c'est du marketing.
Qui se goinfre dans le brouillard
Suivez l'argent. Dans l'IA, les VCs ont déjà injecté plus de 40 milliards de dollars en 2024, selon PitchBook. Mais le retour sur investissement est pathétique : la plupart des licornes brûlent du cash pour attirer des utilisateurs qui ne paieront jamais. Côté bébé-tech, le marché mondial de la FIV pèse près de 30 milliards et devrait doubler d'ici 2030. Les actionnaires de CooperSurgical, Merck, ou des start-up comme ImVitro se frottent les mains. Pendant ce temps, les vrais problèmes – baisse de fertilité liée aux perturbateurs endocriniens, accès inégal aux soins, grossesses non désirées – sont ignorés. Pourquoi ? Parce que ça ne se vend pas sur un pitch deck. La tech aime les problèmes qu'elle peut résoudre avec de l'argent, pas avec de la politique.
Alors oui, on vit un « AI malaise » et on fabrique des bébés comme des options sur catalogue. Mais ce qu'on ne vous dit pas, c'est que les deux marchent main dans la main pour creuser les écarts. L'IA optimise les chaînes de valeur pendant que la PMA sélectionne les héritiers. Au fond, c'est la même promesse : un futur où les riches ont des assistants intelligents et des enfants intelligents, et les autres n'ont rien. Alors on sourit jaune, on commente sur LinkedIn, et on rembourse son crédit. Belle époque.