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L’IA comme béquille intellectuelle ou le bac à sable des incompétents

Les étudiants trichent avec l’IA, les universités ferment les yeux, et le marché du travail encaisse les dégâts. Bienvenue dans l’ère du diplôme à la carte, sauf que la carte est signée OpenAI.

PAR SUSANOO NEWSSOURCE : THE GUARDIAN AI
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Un matin, tu ouvres ton Sydney Morning Herald et tu tombes sur une tribune signée Dr Kylie Moore-Gilbert, politologue à Macquarie University. Elle s’étrangle — à juste titre — sur l’usage massif des chatbots par les étudiants pour pondre leurs dissertations. Sauf que son cri d’alarme, aussi légitime soit-il, ressemble à une douche froide dans une piscine de complaisance.

Des diplômés qui ne savent plus écrire — et alors ?

Moore-Gilbert souligne que des futurs avocats, infirmiers, conseillers financiers ou ingénieurs obtiennent leurs diplômes sans maîtriser les bases de leur métier. 10 000 étudiants par an ? 50 000 ? Les chiffres exacts, on les cherche encore. Mais le constat est là, béant. Les universités, ces usines à crédits, ferment les yeux pendant que des cohortes entières copient-collent des régurgitations algorithmiques. Le résultat ? Des professionnels qui, le jour J, seront incapables de rédiger un rapport de diagnostic ou un contrat sans l’aide de leur assistant numérique.

L’art de la persuasion, victime collatérale d’une paire de GPU

Finkel, dans son papier original, rappelle que l’écriture est un exercice de persuasion. Vraiment ? Dans les faits, on forme des générations à déléguer leur pensée critique à une boîte noire. Le résultat : des textes aseptisés, sans âme, sans angle, sans le petit piment qui force le lecteur à réfléchir. Et on s’étonne que la confiance dans les institutions s’effondre ?

Qui se goinfre dans l’histoire ?

Les GAFAM, pardi. OpenAI vend des licences à tour de bras, les start-up de l’edtech lèvent des fonds ronds comme des ballons de baudruche, et les universités, elles, économisent sur les correcteurs humains. Coût d’un abonnement ChatGPT Pro : 20 $/mois. Coût d’un correcteur humain : dix fois plus, et il met du temps. Du temps, ce nerf de la guerre que les administrations adorent grignoter. Résultat : on externalise l’évaluation à des machines qui, elles-mêmes, ne savent pas ce qu’elles évaluent.

Le vrai scandale n’est pas l’IA, c’est l’aveuglement volontaire

Moore-Gilbert a raison sur un point : les conséquences sociétales sont évidentes. Mais ta gueule, le problème n’est pas l’outil — c’est l’absence de cadre. Un étudiant qui utilise ChatGPT pour structurer une idée, passe encore. Celui qui lui fait rédiger son mémoire de master, c’est une fraude organisée, et les universités sont complices en ne vérifiant rien. 70 % des enseignants interrogés admettent ne pas utiliser de détecteur d’IA. Pourquoi ? Parce que ça fait désordre, ça ralentit le flux des diplômes.

Alors, Dr Finkel, Dr Moore-Gilbert, arrêtez de pleurnicher sur la disparition de l’art de la persuasion. Persuadez donc les recteurs de mettre en place des contrôles réels. Sinon, préparez-vous à croiser des avocats qui vous sortiront des arguments générés par un LLM — et des juges qui ne sauront même plus ce qu’est un argument.

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