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Les datacentres britanniques passent au gaz, la planète tousse

Le Royaume-Uni, en pointe sur le climat ? Oubliez. Plus de 100 datacentres vont brûler du gaz pour contourner l'attente du réseau électrique. 15 TWh annuels de CO2, avec l'aval des autorités qui trouvent ça 'intéressant'. Susanoo News vous dit tout sur ce foutage de gueule.

PAR SUSANOO NEWSSOURCE : THE GUARDIAN AI

Le Royaume-Uni, ce phare autoproclamé de la lutte contre le changement climatique, vient d'offrir un pied de nez monumental à ses propres promesses. Plus de 100 datacentres du pays ont déposé des demandes pour se raccorder au réseau de gaz et brûler cette ressource fossile afin de produire leur propre électricité. La raison officielle ? Une attente de plusieurs années pour se connecter au National Grid. Mais pas de panique : les autorités parlent d'une 'question intéressante' sur les objectifs climatiques. Intéressant, en effet, comme un couteau planté dans le dos de l'Accord de Paris.

15 TWh par an : le poids carbone des serveurs

Ces demandes représentent plus de 15 térawattheures par an de gaz brûlé. Pour donner une idée, c'est l'équivalent de la consommation électrique annuelle de plusieurs millions de foyers britanniques. Mais ici, ce n'est pas pour chauffer des maisons : c'est pour faire tourner des serveurs qui hébergent vos vidéos de chats et vos emails professionnels. Pendant que les ministres posent fièrement devant des éoliennes offshore, les datacentres branchent discrètement des bonbonnes de gaz. Et qui paie ? La planète, encore une fois.

L'aveu d'impuissance du gouvernement

Les responsables britanniques justifient cette folie par le délai d'attente pour se raccorder au réseau électrique national. 'C'est une conséquence inévitable', nous disent-ils. Traduction : notre système électrique est si mal foutu que les alternatives propres n'arrivent pas à suivre la demande des géants du numérique. Plutôt que de moderniser le réseau ou d'imposer des délais de connexion raisonnables, on préfère ouvrir les vannes du gaz. Et on ose appeler ça une 'question intéressante' sur les objectifs climatiques. Non, c'est une question conne : comment peut-on prétendre être un leader climatique tout en autorisant des centrales à gaz privées au nom de la croissance numérique ?

Qui se goinfre, qui se fait rouler

Suivons l'argent, comme toujours. Les opérateurs de datacentres – Amazon, Google, Microsoft, pour ne citer qu'eux – se frottent les mains. Ils obtiennent une connexion gaz rapide, contournent l'attente du réseau, et peuvent continuer à engloutir de l'énergie sans broncher. Les fournisseurs de gaz sourissent aussi : nouveaux clients captifs. Pendant ce temps, les contribuables britanniques paieront la facture climatique sous forme de subventions aux énergies renouvelables et d'impacts météorologiques extrêmes. Quant au gouvernement, il pourra toujours brandir ses 'engagements net zéro' en 2050 – dans trente ans, on verra bien. En attendant, les datacentres brûlent du gaz aujourd'hui.

Le comble de l'ironie

Certains de ces datacentres prévoient d'utiliser le gaz 'de manière permanente'. Pas juste en secours, non. Une centrale électrique déguisée en ferme de serveurs. Et on nous parle de transition énergétique ? Alors que le Royaume-Uni se targue d'avoir réduit ses émissions de CO2 de 50% depuis 1990, cette nouvelle vague de gaz va remettre un coup de vieux dans les statistiques. Les 15 TWh annuels représentent une augmentation de plusieurs points de pourcentage des émissions du secteur de l'énergie. Mais chut, il ne faut pas gâcher le storytelling écolo des ministres.

Alors voilà : la prochaine fois que vous lirez 'datacentre vert' dans un communiqué de presse, souvenez-vous que derrière le greenwashing, il y a souvent une conduite de gaz qui attend d'être ouverte. Susanoo News vous offre cette chronique d'un désastre annoncé, avec l'humour grinçant de ceux qui voient le monde brûler en 4K.

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