Vous avez remarqué ce petit interrupteur discret dans les paramètres ? Celui qui vous propose aimablement de refuser que vos photos, vos mots, vos recherches servent à entraîner l'IA générative maison. Félicitations, vous venez de découvrir la nouvelle religion du Web : l'opt-out automatique. Une invention aussi géniale qu'un câlin forcé.
La grande arnaque du consentement
Depuis 2023, chaque mise à jour de vos applis préférées (Meta, Google, Microsoft, Spotify) active par défaut le pompage de vos données vers des modèles d'IA. Vous n'avez rien demandé ? Tant pis. Le piège est savamment calibré : un toggle caché dans un sous-menu oublié, une phrase alambiquée du genre « Améliorer votre expérience grâce à l'apprentissage automatique ». Traduction : on vous prend vos données et vous n'avez qu'à courir pour les récupérer.
Les chiffres parlent d'eux-mêmes : selon une étude interne de Mozilla (2024), 78 % des utilisateurs ne modifient jamais les paramètres par défaut. Ce n'est pas de la fainéantise, c'est la loi de l'effort minimal. Et les GAFAM le savent : ils misent là-dessus. L'opt-out est un cache-sexe réglementaire, un tick de conformité RGPD présenté comme un choix alors que c'est un leurre.
L'opt-out, ou l'art de vous faire sentir coupable
« Vous pouvez désactiver cette fonctionnalité » : l'incantation magique des communicants. Sauf que désactiver, c'est chercher, trouver, comprendre puis cliquer. Une charge mentale offerte gracieusement. Pendant ce temps, les géants de la tech engrangent des téraoctets de données sans jamais avoir osé demander : « Puis-je ? » L'asymétrie est totale. Vous êtes le produit, mais on vous laisse le soin de vous emballer vous-même.
Prenons un exemple récent : Google Photos activant automatiquement l'analyse d'image pour « améliorer le partage ». Résultat : vos photos de vacances servent à entraîner le prochain modèle générateur de chats à lunettes. Vous voulez arrêter ? Il fallait le dire avant ! L'opt-out est une porte de sortie que l'on ouvre après avoir vidé votre salon.
La solution : un opt-in obligatoire, et on ne discute pas
Ça urge, les enfants. Fini le temps des options timides. Il faut que les régulateurs (oui, vous, CNIL, FTC, commission européenne) imposent un opt-in par défaut pour toute fonctionnalité d'IA générative touchant à des données personnelles. La charge de la preuve doit incomber aux entreprises : elles doivent démontrer que l'utilisateur a consenti explicitement, pas juste qu'il n'a pas coché une case.
Et pendant qu'on y est, que les plateformes arrêtent de nous prendre pour des assistés numériques. Le consentement, ce n'est pas un « si vous ne dites rien, vous acceptez ». C'est l'inverse. Susanoo News propose un protocole simple : tout toggle d'IA générative doit être éteint à l'installation. Si vous voulez nos données, vous les demandez poliment, une par une, avec un formulaire clair en français compréhensible. Pas de « j'accepte » pré-coché, pas de « en savoir plus » qui mène à un pavé juridique.
Les actionnaires de Meta et d'OpenAI vont hurler ? Qu'ils hurlent. La seule chose qui devrait compter, c'est le respect de ceux qui font tourner leurs machines. Arrêtons de négocier nos droits à coups de toggles. L'opt-out est une insulte. L'opt-in est une marque de civilisation. Il est temps de choisir son camp.