Ah, la papauté et la Silicon Valley réunies pour sauver votre âme numérique. Le pape Léon – premier pontife né à Chicago, parce que pourquoi pas – s’apprête à dégainer son premier grand texte pontifical : une encyclique sur “la protection de la personne humaine à l’ère de l’IA”. Et devinez qui vient faire la bise au Vatican la semaine prochaine ? Christopher Olah, co-fondateur d’Anthropic, la boîte qui fait de l’IA “responsable” – enfin, jusqu’à ce que Trump leur mette des bâtons dans les roues.
Un pape geek, une encyclique sponsorisée par la tech ?
Léon, fraîchement élu, avait promis du sang neuf. Mais convoquer le gourou d’une startup californienne pour présenter un document censé parler de dignité humaine, c’est un peu comme inviter un dealer à un cours de prévention. Anthropic, rappelons-le, est en pleine guerre froide avec l’administration Trump – qui a signé un décret exigeant que les modèles d’IA soient “patriotiques” (traduction : qu’ils ne critiquent pas le Grand Leader). Olah vient donc chercher une caution morale auprès du Saint-Siège. Malin.
La dignité humaine, otage d’une com’ à 2 milliards
Le Vatican nous serine que l’intelligence artificielle doit rester au service de l’homme. Très beau. Mais pendant ce temps, les modèles d’Anthropic sont entraînés sur des data centers qui bouffent autant d’eau qu’un village africain et reposent sur une chaîne d’approvisionnement en minerais sanglants. 2,3 milliards de dollars levés par Anthropic en 2024 – de quoi acheter des indulgences pour une décennie. L’encyclique va-t-elle évoquer le coût écologique de chaque prompt ? Sûrement pas. La dignité humaine, c’est aussi celle des mineurs congolais qui extraient le cobalt.
Olah, le messie de la transparence ?
Christopher Olah est connu pour ses travaux sur l’interprétabilité des réseaux de neurones. Super. Mais on ne parle pas assez du fait qu’Anthropic a licencié en silence une partie de son équipe “éthique” l’an dernier pour faire des économies. L’encyclique abordera-t-elle cette petite hypocrisie ? On en doute. Le pape Léon, lui, vient de nommer un cardinal qui compare les algorithmes à des “instruments du démon”. On parie que la rencontre avec Olah sera filmée pour les réseaux sociaux, avec une poignée de main en gros plan. L’humiliation aura lieu en coulisses.
Ce que cache l’union sacrée
Derrière cette grand-messe, il y a une réalité moins reluisante : l’Église catholique cherche désespérément une porte de sortie numérique après le scandale des “Vatican leaks” version IA (une fuite de documents internes via un chatbot mal configuré, en 2023). Anthropic, de son côté, a besoin d’un tampon moral pour contrer les régulateurs européens qui veulent lui coller une étiquette “risque systémique”. Le Vatican prête son auréole, Anthropic prête ses data scientists. Pendant ce temps, l’utilisateur lambda continue à nourrir les modèles avec ses données personnelles sans aucune garantie éthique réelle.
Verdict
Cette encyclique ne sera qu’un énième coup de com’ si elle ne condamne pas fermement la marchandisation des données humaines. Le pape Léon – un ancien professeur de droit canon – ferait mieux d’étudier les clauses des CGU d’Anthropic avant de signer un communiqué commun. Mais ça, c’est trop demander. On se contentera de quelques phrases vagues sur “le respect de l’intelligence divine”. Et Olah repartira avec une médaille et un pass VIP pour la prochaine conférence sur l’IA au Vatican. Business as usual.