Le Centre pour l'innovation et les normes en IA (CAISI) vient de perdre son nouveau tsar. Moins de temps qu'il n'en faut pour dire « intelligence artificielle » – et pourtant, personne ne s'en est aperçu. Le directeur, fraîchement nommé pour remplacer David Sacks, a déjà plié bagage. La raison ? Officiellement, « divergences stratégiques ». Officieusement, un poste qui sent le roussi, le vide et le mépris.
Un poste pourri de l’intérieur
David Sacks, l'ancien tsar, avait déjà claqué la porte sans faire de bruit. Son successeur vient de faire de même, portant à quatre le nombre de titulaires du CAISI en 18 mois. Record à battre ? Non, c'est déjà un record. Le problème n'est pas l'IA – c'est le poste lui-même, un marigot politique où les experts se font dévorer par les guerres de clochers entre la Maison-Blanche et le Congrès. Le CAISI, censé définir les normes de l'IA américaine, est devenu une sinécure à haute déperdition. Qui voudrait d'un job où chaque décision est torpillée par les lobbyistes de la Silicon Valley avant même d'avoir été couchée sur papier ?
Le syndrome de la chaise électrique
Les démissionnaires en série ne sont pas des incompétents : ils sont lucides. David Sacks a filé dès qu'il a compris que son rôle était de faire de la figuration. Son remplaçant, dont le nom restera sans doute dans les oubliettes de l'histoire, a mis moins de 3 semaines à comprendre que le CAISI n'a aucun pouvoir réel. Les décisions se prennent ailleurs – dans les réunions privées entre les géants de la tech et les conseillers de Trump. Le centre ? Une coquille vide, un guichet à subventions pour les copains. Et le nouveau tsar a préféré partir plutôt que de devenir le cache-sexe de ce cirque.
Et maintenant ? Le bruit du vide
Alors que l'IA avance à vitesse grand V – OpenAI, Meta, Google dépensent des milliards – l'administration Trump confie la régulation à un poste que personne ne veut occuper. Le CAISI est aujourd'hui sans chef, sans vision, sans crédibilité. Mais ce n'est pas un problème : de toute façon, les décisions sont déjà prises par les mêmes. Les normes ? Celles de l'industrie. L'innovation ? Celle qui rapporte. Le tsar ? Un titre pour faire joli sur les communiqués de presse. Le prochain candidat est déjà sur la liste. Il démissionnera dans six semaines. Et le cycle recommencera, jusqu'à ce que quelqu'un ose dire que le roi est nu – ou que l'IA n'a pas besoin de tsar, mais de garde-fous.