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Le data center, nouveau sauveur des campagnes américaines

Quand une papeterie centenaire ferme, on la transforme en data center. Moins d’emplois, plus d’énergie, et des actionnaires qui se frottent les mains. Bienvenue dans la révolution tech, version rural America.

PAR SUSANOO NEWSSOURCE : THE VERGE AI
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À Jay, dans le Maine, on a trouvé la solution miracle pour remplacer une papeterie centenaire qui employait 1 500 personnes : un data center. Parce que rien ne dit « progrès » comme des hangars remplis de serveurs qui clignotent, avec une poignée de techniciens pour faire vivre la bête. Et pendant ce temps-là, les machines de l’usine partent au Pakistan. Sympa le recyclage.

La fermeture qui arrange tout le monde

L’Androscoggin paper mill, c’était un monstre de 1,4 million de pieds carrés. Jusqu’à ce qu’un digesteur explose en 2020. Fermeture définitive, 1 500 familles sur le carreau. On pleure ? Non, on rebondit. En 2023, la friche industrielle est achetée par une joint-venture emmenée par JGT2 Redevelopment et quelques fonds d’investissement discrets. À la baguette : Tony McDonald, promoteur qui voit dans les décombres une opportunité en or. Son plan : démonter les machines, les expédier par cargo au Pakistan, et gratter le sol pour le revendre. Résultat : zéro emploi local, mais des frais de démolition déduits des impôts.

La promesse à peine voilée du data center

La revente du site, finalisée début 2025, tombe à pic : les grandes techs ont besoin de toujours plus de centres de données pour nourrir l’IA. Alors on rase le passé ouvrier, on coule du béton, on branche des méga-transfo et on crée… quoi ? Une trentaine d’emplois de maintenance, peut-être. Pendant que les serveurs engloutissent l’électricité de toute la région. L’ironie vous étrangle ? Les données qui font tourner vos chatbots à la con vont pomper le réseau là où les enfants n’ont même pas la fibre.

Qui se goinfre dans l’histoire ?

Le promoteur McDonald, les fonds JGT2, et derrière, des noms qui ne vous disent rien. Pendant ce temps, les élus locaux parlent de « revitalisation ». Traduction : on touche des subventions fédérales pour attirer les data centers, on promet des emplois (sans préciser lesquels), et on ferme les yeux sur la facture énergétique. Les vrais gagnants ? Les actionnaires des hyperscalers qui n’auront pas à débourser un centime pour dépolluer le site.

Rural America, terrain de jeu des datacenter boys

Jay n’est qu’un exemple parmi des dizaines. De l’Ohio à l’Oregon, les campagnes américaines sont transformées en parkings à serveurs. On ferme une usine textile, on la remplace par un data center. On rase un hôpital rural, pareil. Et on nous vend ça comme une « révolution économique ». La vérité, c’est qu’on troque des emplois stables contre des machines qui ne paient pas d’impôts locaux. Mais chut, ne dites pas aux maires que leur « fierté » est en réalité un gouffre à énergie.

Alors, sauveur des campagnes ? Non, fossoyeur discret. Mais tant que les serveurs tournent et que les dividendes tombent, qui se soucie vraiment de Jay, Maine ?

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