Les IPO du secteur énergétique explosent à la face du monde, et devinez quoi ? C'est encore l'IA qui sert de prétexte. Les investisseurs, aveuglés par la promesse de rendements mirobolants, se jettent sur n'importe quelle boîte qui aligne les mots « énergie » et « intelligence artificielle » dans son pitch deck. Résultat : les levées de fonds atteignent des niveaux jamais vus depuis le début du siècle. Mais qui se goinfre vraiment dans l'histoire ?
Le grand cirque des promesses vides
Les entreprises qui débarquent en Bourse racontent toutes la même fable : l'IA a besoin d'énergie – beaucoup d'énergie – et elles sont les seules à pouvoir la fournir. Sauf que derrière le storytelling, on trouve surtout des bilans alambiqués, des brevets achetés à la va-vite et des fondateurs qui ont plus d'expérience en communication qu'en physique nucléaire. En 2025, les IPO énergétiques ont levé 12,3 milliards de dollars au premier trimestre, soit +340 % par rapport à la même période en 2024. Mais personne ne demande combien de ces entreprises ont un seul client réel.
Les pigeons sont de sortie
Chaque nouvelle introduction en Bourse est présentée comme une « révolution ». En réalité, c'est un jeu de chaises musicales où les premiers arrivés – banques d'affaires, fonds spéculatifs, dirigeants – empochent les jetons avant que le grand public ne réalise que la musique s'arrête. L'exemple parfait ? ElectraGrid Corp, valorisée 2,8 milliards de dollars à son IPO en février, n'a signé qu'un seul contrat d'approvisionnement, pour une durée de trois mois. « C'est le marché qui décide », nous a répondu leur CEO quand on lui a demandé si son entreprise avait un avenir. Belle preuve de sérieux.
L'angle mort : les vrais besoins de l'IA
Pendant que les spéculateurs s'amusent, les vrais défis énergétiques de l'IA – efficacité des datacenters, refroidissement, stockage – restent sous-financés. Seulement 7 % des fonds levés par ces IPO sont destinés à la R&D ; le reste part en dividendes, en bonus et en frais de conseil. Les régulateurs européens commencent à grincer des dents, mais comme d'habitude, ils arriveront après la fête. En attendant, chaque nouvelle action émise est un pari que l'IA va continuer à croître exponentiellement – sans se soucier des contraintes physiques et des limites du réseau.
Qui va nettoyer le désastre ?
Dans deux ou trois ans, quand la bulle éclatera – car elle éclatera, les précédents sont légion – ce sera le contribuable qui paiera les pots cassés. Les gouvernements, trop contents d'avoir sponsorisé la hype, parleront de « sauvetages nécessaires ». Les fondateurs, eux, se seront déjà barrés avec les millions. Alors, pendant que vous lisez ces lignes, des investisseurs particuliers mettent leurs économies dans des boîtes qui n'existeront peut-être plus en 2027. Susanoo News vous conseille : gardez votre argent, ou investissez dans des bureaux de poste. Au moins, c'est prévisible.