Travis Kalanick, le génie qui a transformé Uber en modèle de destruction créatrice (et de destruction tout court), revient avec un nouveau joujou : Atoms. Et devinez quoi ? Il vient de lever 1,7 milliard de dollars, mené par Andreessen Horowitz, avec Uber lui-même en investisseur. Parce que rien n'est plus logique que de voir un ponte de l'économie de la débrouille recycler ses parts dans une boîte qui promet de « moderniser le monde avec l'IA industrielle ». Traduction : on va enfermer des robots dans des entrepôts en espérant que ça rapporte plus que de brûler du cash sur des VTC.
La soupe à la grenouille technologique
Atoms, c'est un peu comme un communiqué de presse de la Silicon Valley écrit par un poète sous kétamine. Le site ? Une page blanche avec des promesses floues : « construire les artères du monde moderne ». Sérieusement ? On dirait la description LinkedIn d'un consultant en disruption. Kalanick, qui n'a jamais fabriqué un seul objet physique de sa vie (à part des dettes et des scandales), se rêve désormais en roi de l'industrie. Rappel : sa dernière « révolution » a nécessité des millions de dollars de lobbying pour contourner les lois, et Atoms veut « automatiser la logistique » – un secteur où Amazon déverse déjà 10 milliards par an en R&D. Audacieux. Ou pathétique.
a16z : le distributeur de billets sans fond
Andreessen Horowitz, le fonds qui a transformé le capital-risque en machine à broyer les startups déficitaires, remet ça. 1,7 milliard pour une boîte qui n'a zéro produit public, zéro client nommé, zéro revenue. Mais qui a un CV flamboyant : Travis, le mec qui a failli faire imploser Uber avec ses frasques et sa culture toxique. a16z mise sur le « pedigree » – parce qu'après tout, si tu as déjà brûlé 10 milliards dans la mobilité, pourquoi ne pas en brûler 2 de plus dans la robotique ? Le pitch : « on va appliquer l'IA à l'industrie lourde ». En clair : on va remplacer des ouvriers par des algorithmes, licencier en masse, et engranger des marges. Beau programme, monsieur le philanthrope.
Uber : le parasite qui investit dans son hôte
Et Uber dans tout ça ? La même entreprise qui a perdu 8 milliards de dollars en 2019 investit dans la boîte de son fondateur déchu. Étrange coïncidence : Kalanick a conservé une participation dans Uber après son éviction. On appelle ça une « relation symbiotique » dans le jargon startup – ou plus simplement : un recyclage de cash entre potes. Uber veut peut-être se diversifier hors des voitures qui perdent de l'argent. Vont-ils demander aux robots d'Atoms de conduire leurs chauffeurs au chômage ? Le scénario est crédible.
Le grand jeu des promesses vaporeuses
Atoms, c'est le genre de boîte où on embauche des « visionnaires » à 500k$ par an pour rédiger des slides sur « l'industrie 4.0 ». Pendant ce temps, les usines tournent avec des machines vieilles de 20 ans et des humains sous-payés. Mais rassurez-vous : l'IA va « optimiser » tout ça. Une étude récente montre que 70% des projets d'IA industrielle échouent à cause de données sales et de promesses marketing. Mais Kalanick, lui, il connaît la recette : lever des fonds, faire du buzz, et encaisser avant que la réalité ne rattrape le storytelling. Les investisseurs d'Atoms devraient se souvenir d'un petit détail : le dernier bébé de Travis – Uber Freight – a levé 500 millions et n'est toujours pas rentable. Mais bon, 1,7 milliard, c'est une somme rondelette pour une nouvelle aventure en eau profonde.
Le silence assourdissant des régulateurs
Pendant que Kalanick promet de « moderniser le monde », personne ne pose la question : qui va payer pour les jobs détruits ? Pour les entrepôts automatisés qui éliminent les postes de manutention ? En France, on parle encore de taxer les robots, mais aux US, on lève des milliards pour les glorifier. Atoms bénéficie d'un vide juridique : pas de normes sur l'IA industrielle, pas de garde-fous. a16z mise sur le fait que les législateurs sont trop lents pour intervenir. Et ils ont raison. En attendant, on nous vend une modernité aseptisée, version Kalanick : sans âme, sans humains, sans conséquences. Vous avez dit « moderne » ? Non, vous avez dit « lucratif ».