Si vous mouriez d’envie de tester le nouveau Siri sans risquer de faire cramer votre iPhone avec une bêta développeur, Apple a pensé à vous. Ce mardi, la firme de Cupertino a lâché en pâture la bêta publique d’iOS 27, promettant un assistant « révolutionnaire » propulsé par l’IA générative. Sauf que, comme à chaque fois, le battage médiatique sent le réchauffé à plein nez.
Un retard à l’allumage qui frôle le ridicule
Pendant que Google, Microsoft et même Samsung bardent leurs appareils d’IA fonctionnelles depuis des mois, Apple arrive avec son éternel air supérieur en nous ressortant un Siri « amélioré ». Rappel : la dernière vraie innovation de Siri remonte à 2011, quand il savait déjà vous insulter poliment. Depuis, le bougre est resté aussi intelligent qu’un perroquet dépressif. Avec iOS 27, Apple promet enfin une compréhension contextuelle digne de ce nom. Mais pourquoi les utilisateurs devraient-ils croire une entreprise qui a passé les dix dernières années à snober l’IA ?
Des promesses en l’air, des limitations bien réelles
Premièrement, la bêta publique est – comme toujours – bridée. Vous n’aurez pas accès à la moitié des fonctionnalités présentées en keynote. Les fameuses « intégrations profondes » avec les apps tierces ? Réservées à une poignée de partenaires triés sur le volet. La génération d’images, les résumés automatiques de documents ? Peut-être à la sortie finale, si Tim Cook daigne appuyer sur le bouton. En attendant, vous pourrez demander à Siri de vous raconter une blague – réponse : « Je ne peux pas, je suis une IA sérieuse maintenant. » Pathétique.
Deuxièmement, Apple verrouille tout ça dans son jardin doré. Oubliez les API ouvertes façon ChatGPT ou Gemini. Ici, on fait du privacy-washing pour justifier un écosystème fermé. Le traitement est censé se faire en local pour des raisons de confidentialité. Traduction : Apple a tellement peur de ne pas maîtriser vos données qu’il vous refile un modèle anémique qui ne comprend rien à vos requêtes complexes. Félicitations, vous avez un assistant qui ne saura pas rédiger un mail de plus de trois lignes sans bégayer.
Qui se goinfre derrière ce mirage ?
Derrière ce déploiement bêta, il y a surtout une énorme opération de rattrapage. Apple a vu sa capitalisation stagner – enfin, relativement – et ses investisseurs s’inquiéter de son absence criante dans la course à l’IA. Résultat : on nous vend une mise à jour logicielle comme une révolution. Mais regardez les chiffres : le budget R&D d’Apple dans l’IA ? À peine 10 milliards de dollars en 2024, contre 30 milliards pour Google et 50 milliards pour Microsoft. Pendant ce temps, Tim Cook empoche des bonus records. Pendant que vous, cher utilisateur, vous êtes le cobaye d’une bêta qui fera planter votre appli Bourse préférée.
Et les développeurs dans tout ça ? Apple leur impose encore plus de contraintes avec son nouveau SDK, verrouillant l’accès aux modèles d’IA externes. Vous voulez intégrer Mistral ou Llama ? Pas question, on vous facturera une licence pour utiliser le cloud d’Apple. Une belle leçon d’ouverture, n’est-ce pas ?
Conclusion : attendez la version finale – ou mieux, passez votre chemin
Alors, faut-il installer cette bêta publique ? Si vous aimez les bugs, la frustration et les fonctionnalités absentes, foncez. Sinon, attendez la sortie officielle cet automne. Et encore. D’ici là, Apple aura peut-être décidé de renommer Siri en « Siri AI » pour faire genre, sans rien changer de fondamental. Le vrai changement viendra quand l’entreprise lâchera son orgueil et admettra que son assistant est un dinosaure. Mais ne retenez pas votre souffle : le prochain iOS 28 arrivera avant, et Siri sera toujours aussi bête.