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IBM vend sa soupe à la gouvernance IA pour sauver ses marges

IBM ressort son vieux disque rayé : la gouvernance IA, nouvelle potion magique pour les marges des entreprises. Une stratégie marketing déguisée en conseil stratégique, alors que Big Blue cherche surtout à vendre ses services de consulting et ses logiciels Watson en perte de vitesse.

PAR SUSANOO NEWSSOURCE : AI NEWS
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La gouvernance, dernier rempart d'un géant en panne d'idées

Quand IBM parle de "protéger les marges des entreprises", il faut comprendre "protéger les marges d'IBM". Le communiqué, signé par Rob Thomas, SVP et CCO, est un chef-d'œuvre de langue de bois corporate. On y parle de "patterns récurrents", de "maturation technologique" et de cette sacro-sainte transition du "produit" vers la "plateforme". Traduction : nous n'avons plus d'innovation disruptive à vendre, alors on vous vend du processus.

Watson en PLS, le consulting à la rescousse

Derrière le vernis de la gouvernance IA se cache une réalité moins glamour : les revenus logiciels d'IBM ont stagné à 6,6 milliards de dollars au dernier trimestre, tandis que le consulting — tiens donc — a progressé. La "gouvernance robuste" n'est qu'un prétexte pour déployer des armées de consultants et verrouiller les clients dans l'écosystème Red Hat et Watson. Une vieille recette : créer un problème (la complexité, les risques) pour vendre la solution (nos services).

Le mirage de la "plateforme"

Thomas évoque pieusement le passage du produit à la plateforme comme une loi naturelle. Sauf qu'IBM a raté tous les virages plateforme des 15 dernières années — cloud, mobile, SaaS — et tente aujourd'hui de se raccrocher à l'IA pour exister. Leur "plateforme IA" ? Un assemblage de technologies acquises (Red Hat, Turbonomic) et d'un Watson qui peine à convaincre en dehors des démos bien rodées.

Qui protège-t-on vraiment ?

L'argument des "marges" est savoureux. IBM, dont la marge opérationnelle globale tourne autour de 12% (loin derrière les pure players cloud), donnerait des leçons de rentabilité. La vérité est plus cynique : dans un marché de l'IA où les modèles foundation dominent (OpenAI, Anthropic, Meta), les vieux vendeurs de middleware comme IBM doivent inventer une couche de complexité — la gouvernance — pour justifier leur existence et leurs tarifs.

Le jeu de dupes

Ce discours n'est pas destiné aux DSI, qui savent très bien que la gouvernance se construit en interne. Il s'adresse aux comités exécutifs et aux boards, friands de mantras rassurants. "Sécurisez votre infrastructure IA" signifie en réalité "Payez-nous pour auditer, documenter et surveiller ce que vous pourriez — et devriez — maîtriser vous-mêmes". Une assurance tous risques à prix d'or, vendue par ceux qui ont tout intérêt à ce que le risque semble insurmontable.

La prochaine fois qu'IBM vous parlera de gouvernance, demandez-leur combien de clients Watson ont réellement déployé leurs modèles en production sans une armée de consultants IBM à leurs côtés. Le silence sera éloquent.

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