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IBM accuse l'IA de voler le budget des mainframes – la classe

IBM vient de subir une déculottée boursière à cause de ventes de mainframes en berne. Le CEO accuse l'IA d'avoir bouffé le budget. Mais si on regardait plutôt le fait que le mainframe est un artefact du siècle dernier ?

PAR SUSANOO NEWSSOURCE : TECHCRUNCH AI
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La semaine dernière, le titre IBM a plongé de plus de 7% en une séance, effaçant plusieurs milliards de capitalisation. La raison officielle ? Des ventes de mainframes en berne, pire que prévu. Et l'explication du CEO Arvind Krishna ? Accrochez-vous : c'est la faute à l'IA. Selon lui, les entreprises ont déplacé leurs budgets matériel vers les GPU et les serveurs IA, laissant le pauvre mainframe sur le carreau. Temporairement, bien sûr. On vous le jure, c'est juste une mauvaise passe.

Le mainframe, cette relique qu'on habille en légende

IBM vend encore des mainframes parce que, dans leur niche — banques, assurances, administrations —, changer de système coûte plus cher que de continuer à graisser la bête. Mais les chiffres sont têtus : depuis 2019, les revenus mainframe d'IBM stagnent ou déclinent doucement. Pendant ce temps, les hyperscalers (AWS, Azure, GCP) bouffent leurs parts de marché historiques. Alors oui, l'IA pompe des budgets. Mais réduire la baisse des mainframes à ce simple effet de substitution, c'est un peu comme expliquer la chute de la Tour Eiffel par un coup de vent. La réalité, c'est que le modèle Z est un dinosaure que seuls les legacy-addicts gardent sous perfusion.

IA : le bouc émissaire idéal

Bien sûr, il est commode de pointer du doigt l'IA générative. Après tout, 2023 et 2024 ont vu les entreprises engloutir des milliards dans des clusters NVIDIA. Goldman Sachs estime que les dépenses en IA infrastructure vont doubler d'ici 2026. Mais ce n'est pas une raison pour faire l'impasse sur la vraie question : pourquoi IBM n'a-t-il pas su faire évoluer sa vache à lait ? L'entreprise a raté le virage cloud, tenté de le rattraper avec Red Hat, mais le mainframe reste un silo coûteux et fermé. Pendant ce temps, des solutions comme LinuxOne ou les mainframes as a service peinent à décoller. Le problème n'est pas que l'IA mange le budget, c'est que le mainframe ne parvient plus à justifier son ticket d'entrée face aux alternatives modernes.

Le vrai coupable : une stratégie de l'autruche

Plutôt que d'admettre que le mainframe n'est plus une priorité pour ses clients, IBM préfère blâmer un phénomène de mode. Pourtant, les faits sont là : les ventes de systèmes Z ont chuté de 30% en un an (selon les derniers rapports d'analystes). Pendant ce temps, les revenus du logiciel et des services d'IBM progressent à peine. Le CEO Krishna ferait mieux de regarder du côté de ses concurrents : les serveurs ARM pour le cloud, les architectures distribuées, ou même les mainframes modernisés par des startups comme Mainframe Migrations. Mais non, on préfère invoquer l'IA comme un épouvantail budgétaire. C'est pratique, ça évite de se remettre en question.

Conclusion : le même disque rayé depuis 60 ans

IBM a déjà connu ce genre de crise. Dans les années 1990, le mainframe était donné pour mort, racheté par le PC. Puis dans les années 2010, par le cloud. Et maintenant, par l'IA. À chaque fois, IBM ressort le même argument : « C'est juste temporaire, les budgets reviendront. » Sauf qu'à force de prédire un retour qui ne vient jamais, on finit par ressembler à ce statisticien qui se noie dans une rivière dont la profondeur moyenne est de 30 cm. Le mainframe n'est pas tué par l'IA, il se meurt d'obsolescence. Et IBM, au lieu d'inventer l'avenir, continue d'ausculter ce cadavre encore chaud. La seule chose que l'IA a tuée pour l'instant, c'est la crédibilité d'IBM à anticiper le marché.

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