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IA entreprise : le festin des charognards

Anthropic et OpenAI font équipe, SAP sort le chéquier : bienvenue dans la grande foire à l'IA entreprise où les promesses sont aussi solides que du sable fin. Les seuls qui s'y retrouvent ? Les actionnaires et les vendeurs de pelles.

PAR SUSANOO NEWSSOURCE : TECHCRUNCH AI
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Chaque semaine, une nouvelle start-up IA annonce une 'révolution' pour l'entreprise. Chaque semaine, un géant de la tech sort son chéquier. Coïncidence ? Non, c'est le ballet bien rodé de la prédation capitalistique. La dernière en date : Anthropic et OpenAI, ces faux frères de l'IA, qui unissent leurs forces pour vendre aux entreprises des solutions qu'elles ne comprennent pas, à des prix qu'elles ne devraient pas payer. Pendant ce temps, SAP balance 1 milliard de dollars sur Prior Labs, une start-up allemande dont personne n'avait entendu parler. Mais pourquoi faire simple quand on peut faire du cash ?

Anthropic et OpenAI : le mariage de la carpe et du lapin

Ils se détestent cordialement mais l'argent les réconcilie. Après des mois à s'insulter poliment dans les conférences, les voilà partenaires pour déployer l'IA en entreprise. Clin d'œil : ils promettent 'sécurité' et 'transparence', les deux dernières choses que leurs modèles offrent. En réalité, ils veulent juste verrouiller le marché avant que les régulateurs ne s'en mêlent. Anthropic, qui se targuait d'être l'alternative éthique à OpenAI, vend aujourd'hui ses principes pour une part du gâteau. Et OpenAI, qui jurait ne travailler que pour le bien de l'humanité, s'acoquine avec son rival pour plaire aux enterprise clouds. La route de l'enfer est pavée de bonnes intentions – et de hundreds of millions de dollars de contrats.

SAP et Prior Labs : 1 milliard pour quoi, au juste ?

Prior Labs, c'est cette pépite allemande qui fait du 'machine learning automatisé'. Traduction : un outil pour que les consultants SAP n'aient pas à coder eux-mêmes. SAP 1 milliard – soit le PIB d'un petit pays – pour une boîte qui n'a jamais prouvé qu'elle pouvait scaler. Mais qui s'en soucie ? Tant que le conseil d'administration peut annoncer fièrement 'nous investissons dans l'IA' à la prochaine AG, le tour est joué. Prior Labs, fondée par des chercheurs en mal de reconnaissance, devient soudain l'épicentre de l'innovation SAP. On parie que dans six mois, l'outil sera intégré à S/4HANA, facturé au centime près, et que personne dans les entreprises clientes ne saura à quoi il sert vraiment. Le génie de l'IA entreprise, c'est de faire payer très cher des solutions que personne n'a demandées.

La grande bouffe : qui sont les vrais gagnants ?

Pendant que les start-up font la queue pour être achetées, les clients finaux (les entreprises) se retrouvent avec des outils surcotés, mal intégrés, et souvent inutiles. Les vendeurs de pelles (consultants, intégrateurs) se frottent les mains. Les investisseurs sortent par la porte dérobée. Et les utilisateurs ? Ils se prennent une couche de 'productivité augmentée' qui signifie en réalité 'faire plus avec moins, et si possible sans augmentation de salaire'. L'IA entreprise, c'est le nouvel eldorado pour les cabinets de conseil, les brokers et les start-up founders qui cherchent une sortie facile. Et pendant ce temps, les vrais problèmes – la qualité des données, la fiabilité des modèles, l'impact social – sont balayés sous le tapis des roadmaps marketing.

Alors la prochaine fois qu'une start-up vous parle d'IA pour l'entreprise, souvenez-vous : dans cette ruée vers l'or, les vrais gagnants sont ceux qui vendent les pelles. Et les pelles, chez SAP ou Anthropic, coûtent un bras.

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