Hark dégaine son « browser use agent » avec la modestie d'un paon en pleine mue. L'annonce, lâchée comme un manifeste : plus rapide que la concurrence, moins cher que la concurrence. Rien que ça. Mais comme toujours dans la Silicon Valley, les superlatifs remplacent les preuves. Alors on a gratté. On a creusé. Et on a trouvé exactement ce qu'on cherchait : du vide cosmique.
Le benchmark introuvable, ou l'art de la fuite
Hark prétend que son agent est plus rapide. Par rapport à quoi ? À un agent lancé au ralenti ? À une démo montée de toutes pièces sur une page HTML préparée ? Aucun chiffre, aucun protocole, aucune méthodologie. Juste une jolie vidéo où le bot clique sur des boutons comme un perroquet dressé. On nous parle de « complétion de tâches ». Lesquelles ? On ne sait pas. On nous promet une « efficacité supérieure ». Mesurée comment ? Mystère. Vous voulez des données ? Désolé, c'est confidentiel. On est dans la littérature de science-fiction, pas dans l'ingénierie.
Moins cher, oui, mais à quel prix
Le vrai argument, c'est le coût. Hark affirme être moins cher que la concurrence. Évidemment. C'est le même refrain que les startups de déli food qui vendaient des sandwichs à perte avant de mourir. Être moins cher quand on n'a pas encore de clients, c'est facile. Le vrai test, c'est quand il faut facturer une tâche complexe, avec des imprévus, des pop-ups, des authentifications à deux facteurs. Là, le tarif s'envole. Et si l'agent est moins cher parce qu'il échoue plus souvent, c'est une aubaine pour qui ? Vous payez moins, mais vous passez votre temps à vérifier, corriger, recommencer. Au final, votre temps, lui, n'est pas gratuit.
Un agent qui « termine des tâches », vraiment ?
Parlons de ce que ces « agents navigateurs » font concrètement. Ils ouvrent des onglets, agitent la souris, tentent de remplir des formulaires. Et parfois, quand les astres sont alignés et que le site n'a pas de JS capricieux, ils arrivent au bout. Le reste du temps, ils plantent. Mais Hark ne vous montrera pas les échecs. Non, on vous sert la démo scénarisée, avec la petite musique d'espoir. On ne vous montre pas le bot qui se perd dans un menu déroulant, ni celui qui clique sur « Refuser les cookies » en pensant valider son panier.
Et la sécurité, on en parle ?
Confier son navigateur à un agent, c'est comme donner les clés de votre maison à un livreur Uber Eats. Vous espérez qu'il fera le travail, mais vous ne vérifiez pas s'il fouille vos tiroirs. Hark vous dit : « Laissez notre IA tout faire ». Pendant qu'elle « tout fait », elle lit vos emails, vos documents, vos identifiants. Vous faites confiance à un modèle dont personne ne peut auditer les décisions. Mais attention, c'est pour votre bien. C'est de l'IA digne de confiance. Une IA qui n'a jamais fait d'erreur. Jusqu'au jour où elle commande 3000 tonnes de papier toilette. Et vous, vous irez vous plaindre auprès de qui ? De la startup qui a déjà fermé boutique ?
Susanoo News prend position
Hark, votre annonce est une bulle de savon. Vous nous parlez de vitesse et de coût, mais vous nous cachez les tests, les limites et les risques. Vous traitez vos clients comme des cobayes qui paieraient pour être des ratons de laboratoire. Peut-être que votre agent est effectivement plus rapide et moins cher. Mais nous, on parie qu'il est surtout plus bavard et plus opacifique. Le jour où vous publierez des benchmarks reproductibles, des taux de succès réels et une politique de sécurité transparente, on sera peut-être prêts à vous écouter. En attendant, on range votre communiqué de presse au rayon des ficelles marketing, à côté des promesses électorales et des régimes miracles.
Allez, bonne chance avec votre agent. Vous en aurez besoin. Parce que dans le navigateur de l'utilisateur, les tâches ne sont jamais aussi simples que dans vos PowerPoint.