Deux semaines que le monde retenait son souffle. Enfin, pas vraiment. Mais OpenAI a trouvé le bon timing : un feu vert politique obtenu sous l'administration Trump, et hop, GPT-5.6 passe de « preview limitée aux organismes triés sur le volet » à déploiement public. Sam Altman, avec son sourire d'évangéliste siliconien, jure que c'est « le meilleur modèle que nous ayons jamais produit ». Comme d'habitude. Comme pour GPT-4. Comme pour GPT-4o. Comme pour chaque version qui enterre la précédente jusqu'à la prochaine.
Le feu vert réglementaire — ou comment bénir une boîte noire
Le gouvernement Trump a donné son aval. On ne sait pas exactement sur quels critères, ni quels tests ont été passés, mais on devine que les lobbyistes d'OpenAI savent où appuyer. Pendant ce temps, les régulateurs européens mâchent encore leur chewing-gum réglementaire. Résultat : le modèle le plus puissant — et le plus opaque — de la planète est désormais accessible à quiconque clique sur « J'accepte ». Sans audit indépendant, sans transparence sur les données d'entraînement, sans garantie que Sol, Terra et Luna (les trois sous-modèles de la suite) ne vont pas inventer des faits avec une élégance désarmante.
ChatGPT Work — l'agent qu'on attendait surtout pas
Pour célébrer cette « libération », OpenAI dévoile ChatGPT Work, un hybride entre ChatGPT et Codex. L'idée : permettre au non-technicien lambda d'utiliser les capacités de Codex sans écrire une ligne de code. Soit un agent qui promet de faire des tâches non-codage — comme planifier un voyage, rédiger un budget, ou trier des emails — le tout propulsé par la suite GPT-5.6. Révolution annoncée : « Il peut gérer des workflows complexes, dit la fiche produit, en comprenant le contexte. » Traduction : il fera probablement des erreurs spectaculaires, mais avec un joli interface.
On se souvient que Codex, à la base, est un modèle qui transforme du langage naturel en code. En le fusionnant avec ChatGPT, OpenAI crée un agent généraliste qui flirte dangereusement avec la promesse d'une IA autonome — sans les garde-fous qu'exigerait une telle ambition. Mais qui s'en soucie, puisque ça se vend ? Les analystes prévoient déjà des millions d'abonnés payants, pendant que les développeurs qui ont construit des outils solides sur Codex se demandent pourquoi ils devraient migrer.
L'argent, la hype, le vide
Derrière les annonces tonitruantes, une question : qui se goinfre ? OpenAI valorisée à des centaines de milliards, Altman qui promet des agents capables de remplacer des jobs entiers, et pourtant les vrais progrès restent mesurés. Aucun benchmark indépendant n'accompagne le lancement de GPT-5.6. Aucune étude de robustesse sur les hallucinations. Rien que des communiqués de presse et des démos scénarisées.
Pendant ce temps, les concurrents — Google, Anthropic, Mistral — ne dorment pas. Mais OpenAI mise tout sur le coup marketing : un agent pour les nuls, un modèle « le meilleur du monde », un feu vert gouvernemental qui sent le deal arrangé. Et ça marche. Susanoo News prédit : d'ici trois mois, on découvrira que ChatGPT Work fait une erreur sur deux dans les tâches administratives, et que GPT-5.6 surpasse à peine GPT-4 dans les vrais tests. Mais les abonnements auront déjà rapporté des milliards. Le cycle continue.