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Gossip Goblin : le Far West sans foi ni loi du cinéma made in IA

Gossip Goblin, la start-up qui fait du cinéma IA sans règles ni scrupules. Installée dans un ancien atelier de couture, elle pille les œuvres des artistes et les revend à Hollywood déguisées en gorilles poétiques. Bienvenue au Far West du pillage légalisé.

PAR SUSANOO NEWSSOURCE : THE GUARDIAN AI
Gossip GoblinAI film-makingHollywoodcopyrightcreative AIStockholm

Stockholm, ses harengs fermentés, son mobilier en kit et désormais son dernier-né de la branlotechnologie créative : Gossip Goblin. Installée dans un ancien atelier où l'on cousait des plis pour la bourgeoisie du XIXe siècle, la startup prétend révolutionner le cinéma. La méthode ? Piller allègrement le travail des autres et le recracher sous forme de gorille écossais transhumaniste qui débite des monologues philosophiques. Mais chut, ne parlez pas de vol : ici, « il n’y a pas de règles », clament-ils, comme des enfants découvrant que la caisse de la boutique en ligne n'a pas de mot de passe.

Le nouveau millésime de l’arnaque

Le 17 septembre dernier, un acteur, un réalisateur et un compositeur se sont entassés dans une cabine de studio minable pour enregistrer la voix off de leur prochain « chef-d’œuvre » IA. L'équipe, en sueur, peaufinait le texte d’un gorille poétique dans un univers cyberpunk transhumaniste. « Un peu comme enregistrer Les Archers », a plaisanté l’un d’eux. Sauf que Les Archers, c’est de l’artisanat. Là, c’est du recyclage de données volées à des milliers d’artistes, sans vergogne ni compensation. 90% de leurs séquences sont générées par des modèles entraînés sur des œuvres protégées sans licence. Mais allez leur faire comprendre que le « nouveau paradigme » qu’ils vendent à Hollywood sent le rance.

Hollywood tend les bras aux vautours

Et devinez quoi ? Les studios californiens, en pleine pénurie d’idées, reniflent le business. Après la grève des scénaristes de 2023, ils cherchent une armée de l’ombre sous-payée — ou plutôt non-payée. Les Gossip Goblin de ce monde sont l’arme idéale : pas de droits d’auteur à verser, pas de syndicats à ménager, pas de questions gênantes. Un producteur anonyme cité par nos confrères avoue : « Si on peut générer un film de 90 minutes pour 50 000 dollars au lieu de 50 millions, pourquoi se priver ? » Pourquoi, en effet, à part le fait que c’est du pillage pur et simple ? Mais l’argent sent moins mauvais que le foutage de gueule, dirait l’autre.

La grande illusion créative

Les défenseurs de l’IA vous serviront la soupe à la grimace : « Ce n’est pas du slop, c’est de la créativité augmentée ! » Vraiment ? Alors pourquoi chaque « film IA » ressemble-t-il à un épisode foireux de Black Mirror écrit par un bot dépressif ? Pourquoi les personnages ont-ils six doigts et des yeux qui pleurent de l’encre ? Parce que le moteur ne comprend pas ce qu’il produit. Il recrache des statistiques. Et pendant ce temps, les vrais artistes — illustrateurs, scénaristes, compositeurs — voient leurs œuvres aspirées dans la matrice sans un sou en retour. Gossip Goblin, c’est le visage lisse et souriant de la prédation.

Alors oui, il n’y a pas de règles. Mais quand les tribunaux rattraperont le retard, les excuses « d’avant-garde » ne vaudront pas un pet de gorille cyberpunk. En attendant, on leur souhaite bien du plaisir à négocier le prochain plan social.

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