Google a dévoilé ses Googlebooks. Encore. Non, ce n’est pas une blague, ni un revival du Pixelbook mort-né. C’est la énième tentative de Redmond (pardon, Mountain View) de nous faire croire que l’IA va sauver l’informatique personnelle. Alors que le marché des Chromebooks continue de s’effriter — moins de 5% des ventes de PC en 2024, selon IDC — Google sort un laptop « AI-first ». Comme si ajouter un coprocesseur neuronal à un écosystème qui vit sous perfusion web allait soudain transformer vos feuilles de calc en symphonie. C’est risible, mais pas surprenant.
Vibe-coded widgets : le nouveau mot à la mode pour dire « on ne sait plus quoi inventer »
André Karpathy invente un terme, Google le transforme en fonctionnalité trivialisée. Les nouveaux widgets Android seraient « vibe-coded », c’est-à-dire générés par IA selon votre humeur. Traduction : au lieu de choisir un widget météo ou calendrier, vous aurez droit à un bazar probabiliste qui changera selon ce que Gemini croit lire dans vos notifications. Un cauchemar de confidentialité en barre — mais Google s’en fiche, tant que les données affluent. C’est la même logique que le « contextuel » des années 2010, mais avec du marketing agentique.
Gemini dans Chrome : l’espion intégré
Gemini s’invite dans le navigateur le plus utilisé au monde. Plus besoin de cliquer sur un onglet : l’assistant lit votre page, résume, suggère. Pour Google, c’est une mine d’or : analyser votre navigation en temps réel, enrichir son modèle de données publicitaires. Pour vous, c’est un pas de plus vers un web où chaque ligne est aspirée par une IA propriétaire. Chrome détient 65% du marché — autant dire que Gemini n’aura aucun mal à s’imposer, au mépris de la vie privée.
Android Auto : toujours aussi nul, mais avec une couche de peinture
Refonte cosmétique de l’interface, promesses de « compréhension contextuelle » : Android Auto version 2025 ressemble à une tentative désespérée de concurrencer CarPlay, qui écrase le marché avec 80% de parts aux États-Unis. Google ajoute des suggestions de musique selon la météo, mais oublie de corriger les bugs de déconnexion Bluetooth qui pourrissent la vie des conducteurs depuis cinq ans. Mais chut, c’est l’IA qui sauvera tout.
Alors Google, on t’a vu. Tu nous ressers le même menu : une pincée d’IA sur des produits qui manquent de vision, des termes pompeux pour masquer l’absence d’innovation réelle, et une obsession pour la collecte de données. Les Googlebooks ne sauveront pas Chrome OS, les widgets vibe-coded ne rendront pas vos apps plus utiles, et Gemini dans Chrome n’est qu’un cheval de Troie. Bienvenue dans l’ère du « AI-washing » — là où la hype remplace la substance.