L'innovation du siècle : un bouton 'Sauvegarder'
La dernière 'révolution' de Mountain View s'appelle 'Skills'. Le concept est d'une simplicité confondante : vous tapez une requête pour Gemini, l'IA intégrée à Chrome, et vous pouvez la sauvegarder pour plus tard. C'est tout. Google a dépensé des milliards en R&D, mobilisé des milliers d'ingénieurs, pour réinventer… le bookmark. Sauf qu'au lieu d'une URL, c'est une phrase. Le progrès est palpable.
Gemini, l'éléphant dans le navigateur
Cette fonctionnalité n'existe que pour une raison : pousser Gemini, le canard boiteux de Google dans la course à l'IA. L'intégration navigateur est un échec relatif. Les utilisateurs ne l'adoptent pas. Solution ? Leur fabriquer un besoin artificiel. En verrouillant la 'valeur' dans des prompts sauvegardés, Google espère vous rendre captif. Pourquoi changer de navigateur si tous vos précieux 'Trouve-moi un restaurant pas cher' sont stockés chez eux ?
La stratégie du désespoir
Analysons la trajectoire. D'abord, Google a mis Gemini partout, même où on ne le demandait pas (voir le fiasco de la génération d'images). Ensuite, ils ont réalisé que personne ne savait quoi en faire. Maintenant, ils vous vendent des templates pour l'utiliser. C'est le stade ultime de la bulle tech : quand le produit est si inutile qu'il faut vendre le manuel d'utilisation comme une fonctionnalité premium. Suivez l'argent : chaque 'Skill' utilisée est un point de données de plus, une habitude de plus, un utilisateur de plus enfermé dans l'écosystème Google.
Qui gagne ? Pas vous.
Les gagnants ici sont clairs. Google, qui affine son profilage avec vos patterns de prompts. Les actionnaires, à qui on présente une 'nouvelle fonctionnalité engageante' pour le prochain trimestre. Les perdants ? Les utilisateurs, qui voient leur navigateur, outil de base, se transformer en cheval de Troie pour une IA médiocre. Et l'écosystème, un peu plus verrouillé. La promesse initiale du web ? Ouvert et interopérable. La vision de Google 2024 : un parc à thèmes où il faut passer par leur porte pour tout faire.
Alors oui, sauvegardez vos workflows. Collectionnez vos prompts comme des papillons. Mais souvenez-vous : vous n'êtes pas en train d'apprendre à maîtriser l'IA. Vous êtes en train d'apprendre à dépendre de Google. Encore une fois.