Ah, Google. Le géant de Mountain View, maître dans l'art de vous vendre des solutions à des problèmes que vous n'aviez pas, frappe encore. Cette fois, c'est Vids, son outil de création vidéo destiné aux entreprises (ou du moins, c'est ce qu'on croyait), qui se pare d'une fonctionnalité aussi utile qu'un cendrier sur une mobylette : des avatars IA personnalisés. Oui, vous pouvez désormais créer des vidéos où une version numérique de vous-même — un genre de deepfake en mode facile — débite des textos générés par l'IA.
L'annonce, faite sans tambour ni trompette (ou peut-être avec, on n'a pas suivi), promet que Gemini Omni, le nouveau nom à la mode chez Google, va vous permettre de générer et d'éditer des vidéos à partir de simples prompts et d'images de référence. Traduction : au lieu d'apprendre à faire un montage ou d'embaucher un vrai graphiste, vous allez pouvoir bricoler une vidéo qui ressemble à un mauvais sketch de Black Mirror, le tout avec la bénédiction de l'IA. Et tout ça, bien sûr, pour le bien de votre productivité.
Google vous transforme en marionnette numérique
Faut-il rappeler que Google Vids est censé être un outil de travail collaboratif, intégré à Google Workspace ? Pour l'instant, on imagine la scène : un manager fier de montrer sa nouvelle vidéo promotionnelle où son avatar en costard-cravate (ou en sweat à capuche, selon le mood) explique les objectifs du trimestre. Pathétique. Mais surtout, où sont passées les données ? Pour créer cet avatar, Google va devoir aspirer des heures de votre visage, de votre voix, de vos tics de langage. Et vous pensez vraiment que tout ça restera entre vous et votre abonnement Google One ? Sérieusement ?
Google, le même Google qui s'est fait épingler pour collecte abusive de données de santé (souvenez-vous de l'affaire DeepMind au Royaume-Uni), le même qui a vu ses pratiques publicitaires décortiquées par des régulateurs du monde entier, vous demande de lui confier votre image. Qu'est-ce qui pourrait mal tourner ?
Gemini Omni : le nouveau mot à la mode
« Gemini Omni-powered tools », claironnent les communicants. On dirait un nom de plugin pour Photoshop, ou une option dans un jeu vidéo. En réalité, c'est juste un emballage marketingué pour une API d'IA générative qui, comme toutes les autres, mélange des bouts de données pour recracher du contenu vaguement cohérent. Le vrai tour de force, c'est que Google parvient à faire passer un gadget pour une révolution. Pendant ce temps, les vrais outils de création vidéo — DaVinci Resolve, Final Cut, même CapCut — continuent de tourner sans avoir besoin de vous transformer en personnage de jeu vidéo.
D'ailleurs, combien de vidéos « personnalisées » avec avatar IA avez-vous vraiment envie de regarder ? Exactement zéro. Parce que l'âme, le style, l'improvisation, ça ne se génère pas avec un prompt. Mais Google s'en fout : ce qui compte, c'est que vous utilisiez leur écosystème, que vous restiez coincé dans Google Workspace à jamais, et que vous leur filiez vos données biométriques en prime.
Données personnelles : le vrai produit
Rappelons les faits : Google gagne 80 % de ses revenus grâce à la publicité ciblée. Plus il en sait sur vous, mieux il peut vous vendre. Alors, imaginons un instant que vous créiez un avatar. Google peut désormais associer votre visage à vos centres d'intérêt (via vos prompts vidéo), à votre emploi du temps (via Google Calendar), à vos messages (via Gmail). Un profil marketing en or massif, le tout gratuitement livré par des utilisateurs ravis de « jouer à la star ». C'est beau, non ?
Alors, oui, Google Vids avec avatars IA, c'est peut-être amusant cinq minutes. Mais ne vous y trompez pas : vous n'êtes pas le client, vous êtes le produit. Et pendant que vous vous filmez en train de faire le clown avec Gemini, les actionnaires de Google se frottent les mains. Comme toujours.
Article rédigé par Susanoo News - parce qu'il faut bien crever la bulle.