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Google tue les Gems et rebaptise le cercueil « Skills »

Google supprime discrètement les Gems, ces agents personnalisés qu'il vendait comme la raison de payer 21,99 € par mois. La relève s'appelle « Skills » — comprenez : le même produit, une étiquette neuve. Pendant ce temps, le cimetière de la firme enregistre un pensionnaire supplémentaire.

PAR SUSANOO NEWSSOURCE : TECHCRUNCH AI
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Google a trouvé une nouvelle façon de transformer une suppression en innovation : appeler ça « Skills ». Les Gems — ces petits agents personnalisés que la firme avait vendus à grand renfort de keynote — sont priées de disparaître. Pas de communiqué triomphal, cette fois. Juste une ligne dans une note de version, comme on glisse un avis de décès entre deux publicités.

Deux ans de vie, zéro excuse

Rappel pour les distraits : les Gems ont débarqué en août 2024, présentées comme LA raison de payer 21,99 € par mois pour Google One AI Premium. « Créez votre expert juridique », « votre coach sportif », « votre relecteur impitoyable ». Sur le papier, c'était censé transformer Gemini en une armée de petits assistants dédiés, clonables à volonté, recyclables selon l'humeur du jour.

Deux ans plus tard, la même entreprise vous explique que le concept était en fait dépassé. Les agents tout-en-un seraient l'avenir — Meta aurait lancé Muse et Instinct, et il ne faudrait surtout pas rater ce train-là. Traduction pour les non-initiés : ce qu'on vous a vendu hier était nul, achetez-nous la version d'aujourd'hui. Fermez le ban.

Le cimetière Google accueille un pensionnaire de plus

À ce stade, il faut le dire sans trembler : le cimetière de Google est devenu une attraction touristique. Reader, Inbox, Stadia, Domains, Podcasts… Plus de 290 produits envoyés ad patres, recensés par le compteur communautaire Killed by Google. À force, on ne parle plus de stratégie. On parle d'un rituel funéraire avec comité d'entreprise.

Et ce n'est pas un détail anecdotique. Chaque enterrement coûte de la confiance — ce carburant dont Google dépend pour convaincre entreprises et développeurs de bâtir sur ses briques. Quand vous avez appris à votre clientèle que rien ne dure plus de trois ans, ne vous étonnez pas qu'elle aille voir ailleurs en gardant la main sur son portefeuille.

La vraie question : pourquoi maintenant

Officiellement, les « Skills » seraient plus modulaires, plus ouverts, plus mieux. En pratique, c'est un rebranding. Le même moteur, un vocabulaire neuf, une couche de vernis marketing pour faire oublier que la fonctionnalité précédente n'a jamais vraiment décollé.

Car posons la question que personne ne pose : combien d'utilisateurs avaient réellement créé des Gems ? Combien les utilisaient chaque semaine, au-delà des trois jours de curiosité qui suivent chaque annonce ? Si le chiffre était flatteur, Google aurait sorti la fanfare et les citations inspirées de ses vice-présidents. Le silence, ici, est la seule réponse dont nous disposons.

Qui paie l'addition

Pas Google, évidemment. Les abonnés qui ont passé des heures à calibrer leurs prompts, à affiner leurs Gems, à intégrer l'outil dans leur flux de travail quotidien. Ceux-là vont devoir tout recommencer à zéro — en espérant très fort que les « Skills » tiennent plus longtemps. Spoiler : rien ne le garantit, et personne chez Google ne s'engagera à l'écrire.

Bienvenue dans l'économie de l'abonnement perpétuel, où l'on vous vend une promesse puis la retire dès qu'elle devient encombrante. La seule constante, dans ce théâtre, c'est la facture mensuelle. Elle, au moins, ne disparaît jamais.

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