Google IO 2026. Le temple de la novlangue tech. Et comme chaque année, la firme de Mountain View nous sort un nouveau gadget mirobolant qui promet de révolutionner votre vie numérique. Cette fois-ci, c'est Antigravity 2.0 — un nom qui sent le réchauffé et le marketing de comptoir. Un desktop app flambant neuf, un outil CLI pour les développeurs matrixés, et surtout, un plan AI Ultra à 100 $ par mois qui vous offre — tenez-vous bien — 5 fois plus de limite d'utilisation que le plan AI Pro.
Lévitation de portefeuille : le vrai business model
Traduisons pour ceux qui n'ont pas avalé le Kool-Aid de Google : vous payez 100 balles par mois pour avoir le droit d'utiliser un service dont personne, absolument personne, n'a besoin. Antigravity, c'est quoi au juste ? D'après la communication officielle, un service de « synchronisation quantique de vos données en lévitation dans le cloud ». En clair : vous uploadez vos fichiers, Google les stocke sur ses serveurs (comme avant), mais en plus, il vous vend du rêve avec un nom à la con. La nouveauté ? Une app desktop qui ressemble à s'y méprendre à Google Drive version 2012, et un CLI qui fait exactement ce que faisait déjà gsutil mais avec des flags rebaptisés.
5x plus de quoi au juste ?
L'argument choc : le plan AI Ultra vous donne 5x plus d'utilisation que le plan AI Pro. Sauf que le plan AI Pro n'a jamais été défini clairement. Les limites sont floues, les quotas sont variables selon l'humeur du data center. En pratique, 5x rien, ça reste rien. Mais chez Google, on adore les multiplicateurs magiques : 5x plus de temps d'attente avant que votre fichier apparaisse synchronisé ? 5x plus de publicités ciblées intégrées dans votre gestionnaire de fichiers ? Le communiqué de presse reste muet. On a contacté le service presse, ils nous ont répondu par un mail automatique avec une proposition de passer à AI Ultra pour seulement 99,99 $ le premier mois.
Le desktop app : la lourdeur au nom de la légèreté
Installation : 15 minutes. Dépendances : 47 bibliothèques dont 3 qui n'existent plus. Interface : un menu hamburger qui cache trois options, dont « Paramètres » qui ouvre une page web. L'icône dans la barre des tâches clignote aléatoirement pour vous rappeler que vous payez. Et bien sûr, le CLI est livré avec une surcouche Python qui pompe 2 Go de RAM ne serait-ce qu'en affichant le --help. Mais rassurez-vous, tout est « beta depuis 2024 », ce qui signifie que les bugs sont des fonctionnalités.
Qui se goinfre, qui se fait rouler
Google encaisse les 100 $ mensuels de quelques milliers de pigeons (les « early adopters » dans le jargon). En échange, ils obtiennent un service qui pourrait être remplacé par un script shell de 10 lignes et un dossier partagé sur Nextcloud. Mais Nextcloud n'a pas de stand gonflable à IO ni un keynote avec des lasers. Pendant ce temps, les vrais utilisateurs — ceux qui bossent dans le spatial, la physique, la recherche — rigolent doucement dans leur coin. L'apesanteur, ils la vivent tous les jours sans payer un abonnement. Google vous propose juste de la payer en monnaie sonnante et trébuchante.
Conclusion : laissez tomber, gardez vos 100 dollars
Antigravity 2.0 est une pompe à fric déguisée en innovation. Le desktop app est un calque de Electron, le CLI est un wrapper de curl, et le plan AI Ultra est un piège à cocus. Si vous voulez vraiment tester la lévitation numérique, branchez un ventilateur sous votre PC. Ça coûte moins cher et ça rafraîchit le processeur.