Bouclez vos ceintures, mortels : Google a décidé de « bouleverser » sa direction de l'IA. Traduction : un gars qui dirigeait déjà tout passe à un poste avec un nom encore plus long, pendant qu'un autre, qui faisait déjà le travail, continue à le faire avec un autre badge. La grande révolution tient en une phrase : Demis Hassabis, patron de DeepMind, devient président de DeepMind et « chief scientist » d'Alphabet. On vous épargne les confettis.
Le titre à rallonge comme art de la fuite
Sundar Pichai, le grand prêtre du tout-IA, a annoncé mercredi avec le sérieux d'un présentateur météo que Hassabis abandonne la direction opérationnelle de DeepMind pour devenir… chair. Un « chairman ». Un poste qui, dans l'industrie, sert généralement à inaugurer les chrysanthèmes et à signer les communiqués. Mais ne vous inquiétez pas : il reste aux commandes d'Isomorphic Labs, la filiale qui promet de découvrir des médicaments avec de l'IA. Parce que guérir le cancer, c'est plus simple que gérer les ego de Google.
Kavukcuoglu, le nouveau petit soldat
Qui reprend la boutique ? Koray Kavukcuoglu, l'ancien CTO de DeepMind. Il devient « SVP de DeepMind » et rendra compte à Pichai. Mais attention, clin d'œil garanti : il conserve son titre de « chief AI architect ». Oui, deux titres à la fois. On imagine la carte de visite : recto « SVP », verso « architecte », le tout dans une police Comic Sans. Ce brave Koray hérite donc d'une machine à hype déjà bien huilée, avec Gemini qui n'en finit plus de promettre, et une concurrence — OpenAI, Anthropic — qui, elle, ne passe pas son temps à se filmer en train de se féliciter.
La grande lessive du « l'IA pour l'humanité »
Pichai a ressorti son mantra éculé : « L'application numéro un de l'IA, c'est d'améliorer la vie des humains. » Bien sûr. C'est pour ça que la priorité numéro un de Google, c'est de coller des pubs plus intelligentes dans Gmail et de facturer 20 balles par mois pour des résumés de vos mails. Quand on n'arrive plus à innover, on réorganise les orgues et on vend du rêve. Hassabis, lui, devient le poète officiel de la boîte. Il pourra pontifier sur l'alignement, la sécurité et les bénéfices pour l'humanité pendant que Kavukcuoglu essaye de rentabiliser des data centers qui bouffent autant d'électricité qu'un pays moyen.
Un jeu de chaises musicales qui sent la panique
Ne vous y trompez pas : cette « secousse majeure » est un aveu d'échec. Google était en train de perdre la course à l'IA face à un petit labo agité du neurone, et sa réponse consiste à promouvoir un chercheur vedette dans un rôle de salon. Hassabis devient le symbole, Kavukcuoglu devient le travailleur. Et Pichai, lui, reste là à dire que tout va bien. On connaît la musique : quand les résultats ne suivent pas, on change les étiquettes sur les pots de confiture.
Alors oui, l'IA va sauver l'humanité. En attendant, elle sauve surtout les bonus des dirigeants qui se refilent les titres à défaut de vrais progrès. Susanoo News vous le dit sans détour : ce n'est pas une secousse, c'est une micro-sieste au sommet de la pyramide.