Si vous pensiez que la keynote de Google IO 2026 allait enfin nous sortir du sempiternel « on rend l’IA accessible à tous », détrompez-vous. La firme de Mountain View vient d’annoncer son énième « application d’IA conçue pour les enseignants, les petits entrepreneurs, et tous ceux qui n’ont pas le temps de coder ». Traduction : un nouveau bac à sable pour aspirer vos données sans que vous ayez à lire les CGU.
Accessible à tous… sauf à la vérité
Google jure que son outil est « aussi simple qu’un tableau blanc » et qu’il permettra à une prof de français de créer un assistant de cours en trois clics. Sauf que le même discours tenu pour Google Assistant (2016) a accouché d’un robot qui confond encore « allumer la lumière » et « ouvrir le garage ». Depuis Bard (2023), transformé en Gemini, chaque itération promettait l’âge d’or. Résultat : des kits de développement qui changent de nom tous les 18 mois et une documentation qui ressemble à un labyrinthe dont le fil d’Ariane est une pub pour Google Cloud.
L’argent, le vrai moteur
Derrière le sourire « inclusif », c’est l’appât du data-mining qui mène la danse. Permettre à un petit entrepreneur de « créer son propre GPT sans ligne de code », c’est surtout l’inviter à déverser ses fichiers clients, ses secrets commerciaux et ses idées directement dans les serveurs de Google. Le tout sous couvert d’un « fine-tuning » magique. Pendant ce temps, les brevets déposés par Alphabet autour de l’apprentissage fédéré et de la confidentialité différentielle sont utilisés… pour mieux verrouiller l’écosystème. Le petit entrepreneur paie avec ses données, Google empoche l’avance technologique.
Où sont passés les vrais enseignants ?
Google affirme avoir « travaillé avec des centaines d’enseignants ». Ceux qu’on a interrogés racontent des ateliers de 45 minutes où on leur a collé un casque VR sur la tête avant de leur demander de signer un accord de non-divulgation. Aucun retour concret n’a filtré sur l’utilisabilité en classe. Et quand on gratte un peu, on découvre que la version gratuite limite à 5 requêtes par jour et que le vrai accès nécessite un abonnement Workspace for Education Plus, à 18 € par utilisateur et par mois. Une misère pour les écoles publiques.
Susanoo News sort le lance-flammes
Google, arrête ton char. Tu n’es pas le sauveur de l’IA accessible. Tu es le géant qui transforme chaque promesse d’émancipation en porte-monnaie cloud. Si tu veux vraiment aider les petits entrepreneurs, commence par arrêter de les enfermer dans ton jardin secret. Et si tu veux convaincre les enseignants, offre-leur un produit qui marche hors ligne, sans collecte de données et sans facture cachée. Mais on sait bien que c’est ça, le vrai coût de « l’IA pour tous ».