L'orbite terrestre : nouveau Far West du compute ou dernier refuge des financiers en mal d'évasion fiscale ? Selon une information que personne n'a demandée, Google et SpaceX discuteraient gentiment de balancer des data centers dans l'espace. Parce que, visiblement, faire tourner des modèles de langage sur Terre, c'est trop 2023. Il faut du premium interstellaire.
Un coût d'abordage digne d'un vaisseau spatial
Ne nous voilons pas la face : aujourd'hui, lancer un kilo de serveur en orbite coûte entre 2 500 et 5 000 dollars chez SpaceX (si tout va bien). Pour un data center de quelques centaines de tonnes, on parle de plusieurs milliards rien que pour les lancements. Sans compter la maintenance, le refroidissement dans le vide, et les radiations cosmiques qui grillent vos transistors comme des marshmallows. Le PDG de Google, Sundar Pichai, doit avoir un abonnement premium chez SpaceX pour trouver ça rentable.
Mais le plus beau, c'est la latence. Les data centers en orbite basse (LEO) mettent 10 à 20 ms pour envoyer des données au sol – si vous êtes pile en dessous. Sinon, c'est relais par satellites, latence variable, et votre chatbot IA répondra avec un délai digne d'un courrier postal. Pratique pour faire du traitement en temps réel, vraiment.
L'énergie solaire miracle ? Ou l'arnaque cosmique ?
Les promoteurs du projet nous vendent du rêve : panneaux solaires en orbite, énergie gratuite 24/7. Sauf que l'énergie solaire dans l'espace coûte environ 5 à 10 fois plus cher que le réseau terrestre, une fois pris en compte le rendement des panneaux, leur dégradation rapide par les radiations, et le coût de leur lancement. Et puis, il faut stocker cette énergie quand le satellite passe dans l'ombre de la Terre (50% du temps en LEO). Les batteries, c'est lourd, ça chauffe, ça s'use. Mais Google a peut-être inventé la batterie quantique ? On attend le communiqué.
Pendant ce temps, sur Terre, on construit des data centers alimentés par du charbon ou du nucléaire, à 0,05 $/kWh. Mais chut, ne dites pas à Mountain View que l'espace n'est pas une solution miracle – ils risqueraient de breveter une formule mathématique pour prouver le contraire.
Qui se goinfre ? Et qui se fait rouler ?
SpaceX empoche les contrats de lancement – plusieurs centaines de millions par mission. Google empoche les crédits d'impôts pour R&D spatiale et l'image de marque « innovante ». Les actionnaires applaudissent. Pendant ce temps, le contribuable paie les subventions à la NASA et les permis orbitaux, et le climat continue de se réchauffer parce qu'un lanceur de Falcon Heavy rejette 200 tonnes de CO2 par vol. Pas de panique : l'IA dans l'espace sauvera la planète, nous dit-on. C'est le nouveau greenwashing cosmique.
Mais le pire reste à venir : une fois ces data centers en orbite, Google pourra prétendre que ses données sont « hors sol », échappant aux lois de certains pays. Une nouvelle zone de non-droit numérique, avec comme unique police un contrat signé avec SpaceX. Les régulateurs vont adorer.
En résumé : un projet de milliardaires pour milliardaires
Construire des data centers dans l'espace est une idée techniquement fascinante, mais économiquement débile et écologiquement douteuse. C'est le genre de projet qu'on imagine dans un hackathon entre deux lines de coke, pas dans un conseil d'administration censé maximiser la valeur actionnariale. Mais puisque Google et SpaceX ont des liquidités à brûler, et que l'opinion publique applaudit tout ce qui touche à l'espace, on va droit dans le mur. Le dernier data center sur orbite avant la faillite de l'économie terrestre ? Gageons que les actionnaires préféreront un rachat par un fonds souverain. Mais d'ici là, préparez-vous à payer votre abonnement Google One en crypto-monnaie martienne.