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Google craque pour le gaz, enterre ses promesses climatiques

La firme de Mountain View, autrefois pionnière du 'carbon neutral', signe un partenariat pour alimenter un datacenter texan avec une centrale à gaz. Un virage à 180° qui va cracher 4,5 millions de tonnes de CO2 par an, plus que toute la ville de San Francisco. Le greenwashing a trouvé ses limites face à la fringale énergétique de l'IA.

PAR SUSANOO NEWSSOURCE : THE GUARDIAN AI
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Le « Don't be evil » a pris sa retraite dans un champ de gaz de schiste

Oubliez les jolis discours sur la durabilité et les engagements à être « carbon neutral » d'ici 2030. Dans la course effrénée pour l'IA, Google a décidé que le climat était un luxe qu'il ne pouvait plus se permettre. La preuve : un partenariat noué avec Crusoe Energy pour construire une centrale électrique au gaz naturel dans le panhandle du Texas, dédiée à alimenter un nouveau campus de datacenters baptisé, avec un humour involontaire, « Goodnight ». Bonne nuit, en effet, à toute crédibilité environnementale.

4,5 millions de tonnes de CO2 : le prix du progrès (selon Google)

Le rapport de l'organisation Cleanview est sans appel : cette installation, prévue dans le comté d'Armstrong, va émettre 4,5 millions de tonnes de dioxyde de carbone chaque année. Pour donner une échelle à cette trahison : c'est plus que les émissions annuelles de l'ensemble de la ville de San Francisco, berceau historique de la tech « éveillée ». L'ironie est si épaisse qu'on pourrait la couper au couteau. L'entreprise qui vantait ses achats massifs d'énergie renouvelable et son leadership climatique va donc sciemment ajouter l'équivalent d'une mégalopole polluante au bilan carbone de la planète.

Crusoe Energy, l'allié de circonstance pour un retour aux fossiles

Le choix du partenaire est tout un programme. Crusoe Energy est spécialisé dans la réduction du torchage du gaz sur les sites de forage. Une activité qui, en surface, peut paraître vertueuse. Sauf que leur modèle consiste à utiliser ce gaz « récupéré »… pour alimenter des fermes de minage de crypto ou, désormais, des datacenters gourmands. On ne sort pas du système fossile, on l'optimise. Google, en s'alliant avec eux, ne finance pas une transition, mais verrouille pour des décennies une infrastructure dépendante du gaz, très probablement issu du schiste texan. Suivez l'argent : il mène droit aux hydrocarbures.

La faim insatiable de l'IA, meilleure excuse pour tout faire sauter

Ce revirement n'est pas un accident, mais la conséquence logique d'une course à l'armement dans l'intelligence artificielle. Les modèles comme Gemini sont des ogres énergétiques. Quand la promesse commerciale et la survie stratégique sont en jeu, les serments climatiques deviennent soudainement négociables. Le message est clair : pour battre OpenAI et Microsoft, tous les moyens sont bons, même si cela implique de sacrifier ses propres objectifs de 2030 sur l'autel des GPU. La « mission d'organiser l'information mondiale » a visiblement été mise à jour : « l'organiser, même si la planète brûle ».

La prochaine fois que Google vous parlera de ses efforts pour un futur durable, souvenez-vous du nom « Goodnight ». C'est celui du datacenter qui a sonné le glas de ses principes. Le vrai test pour une entreprise n'est pas ce qu'elle promet quand c'est facile, mais ce qu'elle est prête à abandonner quand c'est dur. Google vient de rendre sa copie, et elle est couverte de suie.

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