S
Susanoo
NEWS // IA & TECH
LIVE
MODÈLES IAIL Y A 1SEM3 MIN DE LECTURE

Gemini 'autonome' : Google réinvente le clic lent et l'interface buggée

Google déploie une IA 'autonome' si lente et limitée qu'elle rend nostalgique du clic manuel. La révolution promise se résume à commander un burger à votre place, tout en collectant des données précieuses pour les vrais produits de demain. L'impressionnant, c'est l'audace marketing, pas la technologie.

PAR SUSANOO NEWSSOURCE : THE VERGE AI
GeminiGoogleassistant IAautomatisationPixelGalaxy

Google a donc décidé que le futur de l'assistance numérique ressemblerait à un stagiaire mal réveillé qui navigue dans vos apps avec les pieds. Leur nouvelle fonctionnalité, pompeusement baptisée 'automatisation de tâches' pour Gemini, vient d'être testée sur le Pixel 10 Pro et le Galaxy S26 Ultra. Le verdict est sans appel : c'est lent, bancal, et parfaitement inutile pour quiconque sait encore se servir de ses pouces.

La révolution du bouton "Commander"

Le champ d'action de cette IA 'autonome' est d'une ambition à couper le souffle : commander un burger ou appeler un VTC. Deux ou trois apps de livraison et de transport. C'est tout. La promesse d'une IA qui gère votre vie numérique se réduit donc à remplacer les trois clics nécessaires pour ouvrir Uber Eats. Une prouesse technologique qui justifie, sans doute, les milliards investis en R&D.

Le spectacle de la lenteur calculée

L'expérience utilisateur, nous dit-on, est 'lente' et 'maladroite'. Traduction : Gemini met plusieurs secondes à reconnaître les éléments à l'écran, hésite, fait des erreurs. En somme, il reproduit avec une fidélité troublante l'expérience d'un utilisateur sur un réseau 3G en 2010, mais avec le logo d'une IA derrière. L'impressionnant, ici, n'est pas la performance, mais l'audace de présenter ce prototype buggé comme une avancée.

La stratégie du 'regardez, ça marche (presque)'

L'argument ultime des apologistes ? 'C'est un aperçu du futur'. Une formule magique qui sert depuis dix ans à faire passer les bêtas publics pour des révolutions. Le vrai tour de force de Google n'est pas technique, il est narratif : réussir à faire saliver la presse tech pour une fonctionnalité qui 'ne résout aucun problème sérieux', selon les propres mots du testeur original, mais qui offre un 'glimpse'. Un futur toujours repoussé, payé au prix présent de notre patience et de nos données.

Qui a besoin d'un majordome numérique ?

La question fondamentale reste en suspens : à qui cela sert-il ? L'utilisateur pressé préférera trois clics rapides. La personne âgée ou en situation de handicap se heurtera à la fiabilité aléatoire du système. Le vrai bénéficiaire est dans les tableaux de bord de Mountain View : chaque tâche automatisée (ou tentée) est une mine d'or de données comportementales contextuelles, une leçon gratuite pour entraîner les modèles sur comment les humains interagissent vraiment avec les interfaces. Vous testez une bêta. Ils collectent du carburant pour leur prochain keynote.

Conclusion : Le futur, mais en version démo

Gemini Task Automation n'est pas une assistant. C'est un proof-of-concept, un démonstrateur marketing déguisé en produit. C'est lent, c'est limité, c'est gadget. Mais c'est effectivement 'super impressionnant' d'un point de vue stratégique : cela prouve que Google peut livrer une fonctionnalité à moitié finie, la faire tester par des millions d'utilisateurs, et recevoir des éloges pour avoir 'montré la voie'. Le futur de l'IA est peut-être là, mais pour l'instant, il a surtout du mal à commander des tacos sans bugger.

← RETOUR À L'ACCUEIL
Gemini 'autonome' : Google réinvente le clic lent et l'interface buggée — SUSANOO NEWS | SUSANOO NEWS