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EON et ses lasers spatiaux, la nouvelle arnaque à la fibre

EON nous vend des lasers spatiaux comme on vend du sirop contre la toux. La vraie innovation, c'est le montage financier. Les câbles sous-marins peuvent dormir tranquilles : les pigeons, eux, vont se faire plumer.

PAR SUSANOO NEWSSOURCE : TECHCRUNCH AI

Encore une startup qui prétend réinventer l'Internet. Endeavor Optical Networks (EON) nous sort le grand jeu : remplacer les câbles sous-marins par des lasers spatiaux. Parce que, manifestement, la fibre océanique c'est trop has-been, trop concret. On préfère balancer des photons dans le vide en croisant les doigts.

Le laser, cette révolution datant de 1960

EON nous promet « le système de communication par laser spatial le plus rapide jamais construit ». Félicitations. Pendant ce temps, Starlink déploie déjà des milliers de satellites avec liaisons laser inter-satellites opérationnelles. Mais non, EON, c'est différent : c'est « Endeavor ». Ça claque. Ça donne envie d'investir.

On notera au passage que la technologie de communication optique en espace libre est connue depuis des décennies. Les militaires l'utilisent. Les agences spatiales aussi. La seule nouveauté ici, c'est le communiqué de presse. Et encore, il a probablement été écrit par une IA.

Le vrai business : faire briller les yeux des pigeons

Suivez l'argent, comme toujours. EON n'a pas de satellite en orbite. Pas de démonstration grandeur nature. Mais elle a des slides. Des jolis graphiques. Des promesses de débit qui donnent des étoiles dans les yeux des VC. Le montage est classique : annonce spectaculaire, levée de fonds, salaires mirobolants, et dans trois ans on change de nom pour « Endeavor Quantum Networks ».

Pendant ce temps, les câbles sous-marins transportent 99% du trafic intercontinental, avec des coûts amortis sur des décennies. Mais non, allons dépenser des milliards pour des lasers qui nécessitent une précision de pointage digne d'un tir de snooker interplanétaire. Et si un nuage passe ? Ah, mais c'est dans l'espace, pas de nuages. Sauf les débris spatiaux, les micrométéorites, les pannes de propulsion, les pannes tout court.

La physique, ce détail gênant

Parlons chiffres. Un laser spatial doit verrouiller une cible à des milliers de kilomètres, avec une divergence de faisceau de l'ordre de la microradian. Une manœuvre orbitale imprévue, une panne de gyroscope, et vous perdez la liaison. La latence ? Elle est certes plus faible que la fibre en raison de la vitesse de la lumière dans le vide, mais vous devez encore faire transiter les données par des relais optiques. Et si vous voulez communiquer avec la Terre, il faut traverser l'atmosphère, avec des perturbations et des éclipses.

M. le PDG d'EON, vous nous prendrez pour des jambons ? Votre « superhighway » spatial n'est qu'un autoroute de PowerPoint. Les régulateurs et les opérateurs télécoms feraient mieux de surveiller ce genre de divertissement que d'encourager des monopolies de l'espace au service d'actionnaires avides.

Alors oui, la recherche sur les liaisons optiques spatiales est passionnante. Mais la présenter comme une alternative crédible à la fibre, c'est soit de l'incompétence, soit du mensonge. Dans les deux cas, on vous regarde. Et on ricane.

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