On savait Elon Musk amateur de fusées et de voitures électriques. On découvre aujourd'hui qu'il est aussi un grand fan de gaz à effet de serre, et pas qu'un peu. Son bébé xAI, celui qui doit sauver l'humanité avec l'IA, fait tourner près de 50 turbines à gaz dans son centre de données Colossus 2, au fin fond du Mississippi. Sans contrôle, sans permis, et visiblement sans la moindre once de culpabilité. Un procès vient d'être intenté, mais ne vous attendez pas à ce que Musk arrête ses moteurs pour autant.
Colossus 2 : le data center qui respire du gaz
Le tout nouveau centre de données d'xAI, baptisé Colossus 2, est en train de devenir le plus gros pollueur local. 50 turbines à gaz — des engins montés sur remorques, qualifiés de « mobiles » par l'entreprise — tournent en continu pour alimenter les serveurs de l'IA. Le problème ? Ces turbines ne sont pas soumises aux mêmes réglementations environnementales que les centrales fixes. L'astuce est simple : on les déclare mobiles, on les déplace de quelques mètres tous les six mois, et hop, on échappe aux études d'impact et aux limites d'émissions. Pratique quand on veut brûler du gaz sans se faire embêter.
Les turbines mobiles : la nouvelle astuce pour contourner la loi
La notion de « mobilité » est ici poussée jusqu'à l'absurde. Ces turbines sont posées sur des plateformes, raccordées au réseau, et fonctionnent quasiment 24h/24. Mais comme elles sont techniquement déplaçables, xAI soutient qu'il s'agit d'équipements temporaires. Résultat : pas de permis de construire, pas d'autorisation environnementale, pas de contrôle des émissions. Les associations locales ont porté plainte, dénonçant une fumisterie juridique. L'État du Mississippi, lui, regarde ailleurs. Après tout, c'est Musk, l'homme qui a promis de sauver la planète. Mais promettre et faire, c'est pas la même histoire.
Qui se goinfre et qui se fait rouler
Suivons l'argent : xAI a levé des milliards pour devenir « l'IA la plus puissante du monde ». Pour y arriver, il faut des data centers, beaucoup d'énergie. Et visiblement, l'énergie la moins chère et la moins régulée, c'est le gaz. Les actionnaires se frottent les mains pendant que les habitants du Mississippi respirent les particules fines. Pendant ce temps, Musk continue de vendre des Tesla en affirmant lutter contre le réchauffement climatique. Mais ici, pas de panneaux solaires, pas de batteries : juste 50 turbines qui toussent du CO2. La seule mobilité, c'est celle de l'argent qui quitte les caisses publiques en exonérations fiscales.
Le verdict provisoire
Le procès suit son cours. Mais on parie que xAI trouvera une autre faille, un autre contrat avec une commission de régulation aux ordres, ou un juge arrangeant. En attendant, les turbines continuent de tourner. Colossus 2 s'annonce comme le plus grand data center du monde… et peut-être aussi le plus gros fumiste. Comme dirait Musk lui-même : « First principles thinking ». Mais là, les seuls principes qui comptent, c'est de ne pas se faire prendre.