Bienvenue dans l'édition du jour de The Download – ce digest quotidien qui vous sert la soupe technologique du moment. Mais ici, chez Susanoo News, on ne gobe pas la soupe, on la vomit. Aujourd'hui : deux annonces qui sentent le pétard mouillé : une start-up qui veut fabriquer des médicaments en orbite, et la NASA qui ressort son vieux rêve de moteur nucléaire spatial. Préparez vos mouchoirs – ça va piquer.
Varda Space Industries : l'apothicaire orbital
Varda Space Industries, ce nom vous dit quelque chose ? Non ? Normal, c'est une pépite encore jeune, mais déjà blindée de promesses. Elle a signé un contrat avec SpaceX pour envoyer une capsule en orbite dès 2023. Le but ? Fabriquer des médicaments en microgravité, parce que, paraît-il, les cristaux de protéines poussent mieux dans l'espace. Génial. On a trop de médicaments sur Terre, il faut les produire à 400 km d'altitude.
Le communiqué de presse vous vendra une révolution : des traitements plus efficaces, plus purs, plus rapides. Mais la réalité, c'est que le marché des protéines cristallisées en orbite est infinitésimal. Depuis les années 1980, la NASA a fait des expériences sans jamais commercialiser quoi que ce soit. Varda mise sur l'automatisation pour réduire les coûts, mais le ticket d'entrée reste astronomique : plusieurs millions de dollars par mission. Pendant ce temps, des milliards de personnes n'ont pas accès aux médicaments de base. Mais bien sûr, priorité aux cristaux de protéines dans l'espace.
Et qui se goinfre ? Les investisseurs – 16 millions de dollars levés en 2022, dont une partie du fonds Khosla Ventures. Et SpaceX qui encaisse les contrats de lancement. Pendant ce temps, les régulateurs (FDA, EMA) se frottent les mains : une nouvelle catégorie de produits à certifier, avec des normes floues. Le business du vide spatial est en bonne voie.
NASA et le nucléaire : la fusée qui ne décolle jamais
Et comme si ça ne suffisait pas, la NASA annonce un nouveau contrat pour développer un moteur nucléaire thermique avec Lockheed Martin. Le principe ? Un réacteur chauffe de l'hydrogène qui explose par une tuyère. Objectif : réduire le temps de trajet vers Mars de 6 mois à 3 mois. Magnifique. Sauf que ce projet traîne depuis les années 1960 – le programme NERVA a été abandonné en 1972 après avoir englouti 1 milliard de dollars (de l'époque).
Les optimistes vous diront que les matériaux ont évolué, que les tests de sécurité sont meilleurs. Les cyniques – nous – vous rappelleront que le dernier test en date remonte à 2018 avec un petit réacteur au sol. Aucun moteur nucléaire n'a jamais volé. Et le budget ? 500 millions de dollars sur cinq ans, selon l'annonce. Soit le prix d'une saison de Star Wars. Mais la NASA n'a même pas de feuille de route crédible pour une mission habitée vers Mars avant 2040. Alors pourquoi dépenser maintenant ?
Parce que Lockheed Martin et d'autres gros industriels font du lobbying pour garder la main sur les contrats fédéraux. Et parce qu'annoncer un moteur nucléaire, ça fait toujours son petit effet dans les médias. Pendant ce temps, les vrais enjeux – la propulsion ionique, les voiles solaires, les habitats centrifuges – restent sous-financés.
Le vrai bilan : du vent dans les voiles de l'ego
Alors voilà : Varda nous promet des médicaments orbitaux, NASA nous refourgue son vieux rêve nucléaire. Dans les deux cas, les faits sont maigres, les budgets gros, et les bénéfices publics inexistants. Une start-up de 20 employés qui veut révolutionner la pharma avec un satellite à 10 millions de dollars ? Un moteur qui n'a jamais volé et qui coûtera trois fois plus que prévu ? On est dans la bulle, les amis. Et comme d'habitude, ce sont les contribuables qui paient les bulles.
Alors la prochaine fois que vous lirez un article sur Varda ou le nucléaire spatial, rappelez-vous : ce n'est pas une révolution, c'est un coup de com'. Et si vous voulez vraiment sauver des vies, commencez par financer la production de médicaments génériques sur Terre, pas dans l'espace. Mais ça, ça ne fait pas vendre de newsletters.