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Demis Hassabis veut son propre gendarme de l'IA : une blague

Hassabis veut un FINRA pour l'IA ? La même autorégulation qui a laissé les banques faire n'importe quoi. Derrière l'appel à la « responsabilité », une manœuvre pour éviter une vraie régulation publique.

PAR SUSANOO NEWSSOURCE : TECHCRUNCH AI
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Le PDG de DeepMind, Demis Hassabis, s'est récemment fendu d'une proposition digne d'un manuel de relations publiques : créer un organisme de normalisation pour l'IA frontalière, calqué sur la FINRA (l'autorité de régulation du secteur financier américain). Traduction : « On va s'autoréguler, les gars, mais avec un joli badge. » Sauf que derrière le vernis de la responsabilité, on sent l'odeur du business as usual.

FINRA ? Vraiment ?

La FINRA, c'est l'organisme qui autorégule les courtiers aux États-Unis. Autant dire que citer cet exemple, c'est un peu comme vanter les mérites du Titanic pour la sécurité maritime. Les scandales financiers n'ont pas attendu la FINRA pour exister, et elle n'a pas empêché les crises. Alors, pourquoi Hassabis voudrait-il que l'IA copie ce modèle ? Parce que c'est une farce régulatoire qui permet aux entreprises de dire « on fait tout bien » tout en gardant la main. Pas de régulation publique contraignante, juste un label « responsable » géré par des copains.

Test de modèles, vraiment ?

Hassabis propose de tester les modèles frontaliers et de définir des bonnes pratiques. Mais qui va payer ces tests ? Les entreprises elles-mêmes, évidemment. Conflit d'intérêts garanti. Et les critères ? Vagues, flexibles, négociables. On connaît la chanson : « on va s'autoréguler » a toujours été le meilleur moyen d'éviter une vraie régulation. Rappelez-vous Zuckerberg et son « oversight board » – une coquille vide qui sert à faire joli.

Suivre l'argent

DeepMind (racheté par Google en 2014) pèse des milliards. Leur objectif ? Continuer à développer l'IA sans entrave, tout en calmant les critiques. Cette proposition est un coup de communication pour que Bruxelles et Washington les laissent tranquilles. « Voyez, on prend les devants ! » Sauf que derrière, les brevets, les données utilisateurs et les modèles restent propriétaires. Un organisme indépendant ? Peut-être, mais financé par l'industrie, donc pas indépendant du tout.

Ce qu'on ne vous dit pas

Hassabis sait que le vrai pouvoir régulatoire viendra des États, pas d'un club de gentlemen. Alors pourquoi cette proposition ? Pour gagner du temps. Pour dicter les termes du débat. Pendant que les parlementaires discutent, DeepMind continue d'entraîner Gemini, de collecter vos conversations, et de breveter chaque innovation. Ne vous laissez pas berner par le costume et le discours lisse. Derrière le sauveur de l'humanité, il y a un entrepreneur qui veut garder le contrôle.

La seule solution ? Une régulation publique, contraignante et financée par les impôts

Pas un comité d'experts triés sur le volet par les GAFAM. Pas un label « safe enough » décerné par ceux qui fabriquent les bombes. L'IA frontalière est un enjeu de société. Mettons-la sous la tutelle d'une autorité publique indépendante, dotée de pouvoirs de sanction réels, et surtout, éloignée des conflits d'intérêts. Alors, Demis, ta proposition, tu peux te la garder.

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