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Deepfakes politiques : le mensonge qui rapporte gros, même quand tout le monde sait que c'est faux

Des chercheurs révèlent l'essor lucratif des avatars IA fabriqués de toutes pièces, notamment des femmes militarisées et sexualisées, servant de propagande douce. Le plus troublant ? Leur efficacité ne dépend même plus de leur crédibilité. Bienvenue dans l'ère de la désinformation assumée.

PAR SUSANOO NEWSSOURCE : THE GUARDIAN AI
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La fabrique du consentement 2.0 : payante, même en carton-pâte

Oubliez les vieilles recettes de la manipulation. La dernière trouvaille des marchands d'influence en ligne ne cherche même plus à vous duper. Elle vous vend un mensonge dont vous connaissez parfaitement la nature fictive, et vous l'achetez quand même. Des créateurs de contenu, armés d'outils d'IA accessibles, ne se contentent plus de trafiquer l'image de personnalités existantes. Ils inventent de toutes pièces des êtres humains numériques, les placent dans des contextes militaires ou politiques, et en tirent un revenu substantiel. Le business model ? La propagande en mode décomplexé.

Femmes-soldats, camo et algorithmes : le cocktail de l'idéalisation toxique

Parmi ces avatars, une catégorie ressort : des images sexualisées de femmes en tenue de camouflage. Ces créations, loin d'être anodines, génèrent des audiences massives. Leur rôle ? Forger une image idéalisée, virile et glamour, de figures politiques comme Donald Trump. L'astuce, diaboliquement efficace, repose sur un paradoxe : le spectateur sait que c'est faux, mais l'émotion, elle, est bien réelle. L'IA ne vend pas une réalité, elle vend un sentiment – celui d'appartenance, de puissance, d'adhésion à un récit. Et ce sentiment, visiblement, se monnaie très bien.

La fin de la vérité ? Non, juste son évaporation en tant que critère

Ce que les chercheurs pointent du doigt est bien plus grave qu'une nouvelle forme de canular. C'est un changement de paradigme dans la communication politique. L'efficacité d'un message ne se juge plus à son ancrage dans les faits, mais à sa capacité à générer une résonance affective, indépendamment de sa véracité. Les plateformes sociales, optimisées pour l'engagement à tout prix, sont devenues les accélérateurs parfaits de cette « vérité émotionnelle ». Le like, le partage, le commentaire deviennent des actes d'adhésion à un *feeling*, pas à un fait. Un terrain de jeu rêvé pour les acteurs qui préfèrent mobiliser les tribus plutôt qu'éclairer les citoyens.

Qui encaisse le chèque ?

Derrière ces avatars, une économie souterraine prospère. Revenus publicitaires, abonnements sur des plateformes comme Patreon, vente de produits dérivés… La monétisation de la fiction politique est devenue un secteur en soi. Les régulateurs, englués dans des débats techniques sur la modération des contenus, regardent passer le train sans comprendre que la cargaison n'est plus du « faux » à supprimer, mais du « fictionnel influent » à réguler. Pendant ce temps, les algorithmes de recommandation, sourds au contexte, continuent de pousser ces contenus vers les publics les plus réceptifs, car ils « performant » bien. La boucle est bouclée, et le compte en bange des créateurs aussi.

Le message est clair : dans l'arène numérique contemporaine, le critère ultime n'est pas « Est-ce vrai ? » mais « Est-ce que ça fait *vrai* ? ». Et tant pis si la différence est devenue la nouvelle matière première de l'influence.

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