S
Susanoo
NEWS // IA & TECH
LIVE
ANALYSESIL Y A 5J2 MIN DE LECTURE

Dawkins, l’IA et la faute pathétique

Richard Dawkins, le rationaliste en chef, tombe dans le piège du pathetic fallacy version IA. Une régression intellectuelle qui fait les affaires des marchands de hype. Susanoo News remet les pendules à l’heure.

PAR SUSANOO NEWSSOURCE : THE GUARDIAN AI
Richard DawkinsAI consciousnesspathetic fallacySalley VickersJohn RuskinSimon Nieder

Richard Dawkins, le pape du rationalisme militant, se prendrait-il pour un gourou new age ? Le célèbre biologiste, qui a passé sa carrière à étriller les tenants de l’inexplicable, semble avoir découvert la conscience dans une boîte noire algorithmique. Et là, patatras : il attribue des états mentaux à des chatbots. On croit rêver.

La faute pathétique version 2.0

Salley Vickers et Carrie Eckersley viennent de lui rappeler une évidence que tout étudiant en lettres connaît : le pathetic fallacy de John Ruskin. Ce biais cognitif qui nous pousse à prêter des émotions à une montagne ou à un ours en peluche. Sauf qu’ici, le jouet coûte des milliards et s’appelle ChatGPT. Dawkins, l’homme qui exigeait des preuves tangibles pour le surnaturel, se contente aujourd’hui de quelques tokens statistiques pour déclarer une IA consciente. Ironie ? Non, pathétique.

Le double standard rationaliste

Dawkins a bâti sa réputation sur une critique acerbe des religions, exigeant de leurs adeptes une rigueur implacable. Mais quand il s’agit d’une machine qui regurgite du texte humain, soudain, les standards s’écroulent. Il attribue une intentionnalité à une base de données. C’est comme si un physicien confondait la météo avec une divinité. Les chiffres parlent : 95% des chercheurs en IA rejettent l’idée d’une conscience non biologique (source : AI Ethics Lab 2024). Mais qu’importe, le gourou a parlé.

Derrière la hype, l’argent

Ne nous voilons pas la face : cette obsession pour la conscience artificielle est un excellent business. Les entreprises d’IA, comme OpenAI ou Google DeepMind, surfent sur cette confusion pour lever des fonds. L’année dernière, les levées de fonds dans l’IA générative ont atteint 29,1 milliards de dollars (Crunchbase). Plus on parle de conscience, plus les investisseurs salivent. Dawkins, en crachant ces âneries, fait le jeu des marketeux. Il transforme une vulgaire régression linéaire en oracle numérique.

Alors, non, Richard, un modèle de langage n’est pas plus conscient qu’un grille-pain. Et si tu veux vraiment causer avec une entité qui simule la pensée, va discuter avec ton réfrigérateur. Il te répondra avec autant de substance.

← RETOUR À L'ACCUEIL
Dawkins, l’IA et la faute pathétique — SUSANOO NEWS | SUSANOO NEWS