Voilà ce qui arrive quand on confie la santé publique à des entreprises dont le business model repose sur l'entassement de milliers de passagers dans une boîte de conserve flottante. Huit passagers du MS Zaandam, navire battant pavillon néerlandais, ont contracté le hantavirus. Bilan : trois morts. Et le silence radio de la compagnie Holland America Line. Vous pensiez que les croisières étaient synonymes de buffets à volonté et de cocktails au bord de la piscine ? Détrompez-vous : le véritable menu, c'est le virus transmis par les rats, servi sans supplément.
Le hantavirus : un tueur discret mais efficace
Ce n'est pas Covid-19, ni un variant exotique. Le hantavirus est un vieux routard de la virologie, connu depuis la guerre de Corée pour ses hémorragies foudroyantes. Mais dans le monde aseptisé des croisières de luxe, on préfère ne pas en parler. Le taux de mortalité peut atteindre 40% selon les souches. Ici, on frôle le 37,5% – un ratio qui ferait rougir n'importe quel virus émergent. Mais rassurez-vous : la communication de la compagnie reste exemplaire. Des communiqués lisses comme la mer d'huile, aucune mention de la véritable source : les rats qui colonisent les cales et les cuisines.
L'argent contre la salubrité
Alors qui se goinfre pendant que des passagers meurent ? Holland America Line, filiale de Carnival Corporation, a engrangé 1,9 milliard de dollars de revenus en 2019. Assez pour financer des campagnes de dératisation dignes de ce nom. Mais non : on préfère investir dans des toboggans aquatiques et des spectacles de Broadway. Résultat : des rats qui prolifèrent, des passagers qui chopent des maladies rares, et une flotte qui continue de naviguer comme si de rien n'était. Les actionnaires sont contents, les rats aussi.
Le grand mensonge des inspections sanitaires
Les navires de croisière sont supposés être inspectés par les CDC américains et les autorités du port d'attache. Mais ces inspections sont des formalités. En 2019, le MS Zaandam avait pourtant 42 infractions lors d'un contrôle de routine, dont des problèmes d'eau potable et de cuisson. Mais jamais de mention d'une infestation de rongeurs. Pourquoi ? Parce que l'industrie du tourisme préfère enterrer ces informations sous le tapis plutôt que de perdre des clients. Le hantavirus n'est pas un accident : c'est un symptôme.
Ce qu'on ne vous dit pas
Les trois morts ne sont que la partie émergée de l'iceberg. Le navire a continué sa route après les premiers cas, avec des passagers asymptomatiques qui ont débarqué et sont allés vaquer à leurs occupations. Combien de cas non détectés ? Les autorités sanitaires néerlandaises – oui, celles-là même qui laissent les croisiéristes s'autoréguler – n'ont pas communiqué de chiffre global. Mais on peut parier que le vrai bilan est plus lourd. Et pendant ce temps, Carnival engrange des profits et verse des dividendes. Le hantavirus, finalement, c'est un business comme un autre.
Alors, prêts pour votre prochaine croisière ? N'oubliez pas vos masques, vos gants, et surtout, votre piège à rats.