Vous avez aimé la ruée vers l'IA et ses data centers bouffeurs d'énergie ? Alors vous allez adorer la nouvelle lubie des start-up spatiales : des serveurs en orbite, parce que le plancher des vaches, c'est trop mainstream. Cowboy Space vient de lever 275 millions de dollars pour construire des centres de données dans l'espace. Problème : il n'y a pas assez de fusées pour les y hisser, et celles qui existent coûtent un rein.
Le fantasme de l'orbite économique
L'idée est séduisante sur le papier : des data centers baignés dans le froid sidéral, zéro facture d'électricité pour le refroidissement, et une latence réduite pour les satellites ? Sauf que personne n'a expliqué aux gourous de Cowboy Space que l'orbite basse n'est pas un parking gratuit. Chaque kilo de serveur envoyé coûte entre 5 000 et 15 000 dollars selon le lanceur. Pour un data center de 10 tonnes, on parle de 50 à 150 millions de dollars de lancement – sans compter l'assurance et la maintenance. Et là, les 275M de Cowboy Space fondent comme neige au soleil.
Le goulet d'étranglement des lanceurs
En 2024, SpaceX a réalisé 96 lancements, Arianespace une dizaine, et les autres acteurs une poignée. Même avec Starship qui promet 100 tonnes par vol, les cadences de production sont bien trop faibles pour alimenter la frénésie des data centers orbitaux. Cowboy Space table sur des lanceurs réutilisables et un réseau de mini-fusées – mais aucun de ces engins n'existe à l'échelle commerciale. En attendant, ils vendent du rêve avec des clients comme Meta, Google ou l'armée américaine – des grands noms qui n'ont pas encore signé de chèque ferme.
La bulle spatiale de l'IA
Pendant que Cowboy Space empoche le cash, les vrais problèmes restent : la connectique entre serveurs en orbite (bande passante et latence), la dissipation thermique dans le vide, et la durée de vie des composants irradiés. Les data centers terrestres ne sont pas près de fermer, mais l'industrie adore les mirages. Alors Cowboy Space lève son argent, les investisseurs applaudissent, et dans cinq ans on reparlera de cette jolie start-up rachetée à prix d'or par un acteur qui aura compris le ridicule de l'entreprise. En attendant, les fusées manquent toujours.