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Cognichip : la boucle infinie de l'IA qui se mange la queue

Cognichip lève 60 millions pour faire concevoir des puces par l'IA... qui serviront à faire tourner plus d'IA. Une boucle de financement aussi circulaire que son argumentaire. Les VC, toujours prêts à miser sur la prochaine couche de maquillage technologique.

PAR SUSANOO NEWSSOURCE : TECHCRUNCH AI
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La méta-hype, stade ultime de la bulle

Voilà donc l'étape suivante : l'IA pour concevoir les puces pour l'IA. Cognichip, startup fraîchement engraissée de 60 millions de dollars, vend le rêve d'une automation totale. Réduire les coûts de 75% ? Raccourcir les délais de moitié ? On a entendu ce refrain dans chaque garage de la Silicon Valley depuis 2010. La nouveauté, c'est l'emballage. 60 millions pour un concept aussi méta qu'un miroir face à un autre miroir.

Suivez l'argent, retrouvez les habitués

Derrière cette levée, on retrouve le panthéon habituel des capital-risqueurs en manque de narrative. Des fonds qui ont déjà parié sur la précédente hype (le métavers, la crypto, la livraison de salades en 10 minutes) et cherchent désespérément la suivante. L'IA qui conçoit l'IA, c'est la garantie d'un pitch qui tient au moins le temps d'une autre levée. La promesse de réduire la dépendance aux fondeurs taïwanais ? Un classique. La réalité : ajouter une couche logicielle supplémentaire dans un processus déjà kafkaïen.

Le mirage de l'autonomie

Cognichip promet de libérer les designers humains des tâches répétitives. Traduction : remplacer des ingénieurs hautement qualifiés et chers par des algorithmes entraînés... sur les données de ces mêmes ingénieurs. La boucle est bouclée. On utilise le savoir-faire humain pour entraîner une machine dont le but ultime est de rendre ce savoir-faire obsolète. Le coût est déplacé, pas supprimé. Il se cache désormais dans les centres de données monstrueux nécessaires pour entraîner ces outils de conception, et dans la facture énergétique qui va avec.

Qui va vraiment gagner ?

Pas les petites sociétés de semis. Les géants comme Nvidia, AMD ou les hyperscalers (Google, Amazon, Microsoft) qui ont déjà des équipes d'IA maison et des montagnes de données propriétaires. Cognichip vend une pelle pendant une ruée vers l'or, mais les vrais mineurs sont déjà en train de forger leurs propres outils. Les 60 millions serviront surtout à tenter de rester dans la course face aux GAFAM qui n'ont même pas besoin de lever des fonds pour développer la même chose en interne.

Le serpent qui se mord la queue

La promesse finale est un monde où l'IA conçoit des puces toujours plus performantes pour faire tourner des IA toujours plus gourmandes, qui à leur tour conçoivent des puces... Vous voyez le pattern. Une course à l'armement algorithmique dont la seule issue est un mur énergétique et physique. On parle d'optimiser un système dont la consommation explose, pas de le remettre en question. Cognichip n'est pas une révolution, c'est un accélérateur. Et quand on roule vers une falaise, appuyer sur le champignon n'est pas une stratégie, c'est un suicide.

Rendez-vous dans 18 mois pour la levée de série B, ou pour l'annonce du pivot vers 'l'IA pour optimiser la consommation des IA qui conçoivent des puces'. La boucle, encore.

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