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Cisco, le plombier de l'IA, veut fuir la Terre pour ses serveurs

Chuck Robbins, le patron de Cisco, a une solution élégante au rejet massif des data centers : les envoyer dans l'espace. Une fuite en avant cosmique pour éviter de régler les vrais problèmes terrestres : l'énergie, l'acceptabilité sociale, et le fait que l'IA est, selon ses propres mots, une bulle.

PAR SUSANOO NEWSSOURCE : THE VERGE AI
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Quand le plafond vous tombe sur la tête, regardez les étoiles

Chuck Robbins, CEO de Cisco – cette entreprise fantôme dont les routeurs font transiter vos données sans que vous sachiez qu'elle existe – a trouvé la parade ultime. Face à l'opposition croissante des riverains qui n'ont aucune envie de vivre à côté d'un hangar bruyant et vorace en électricité, sa réponse est d'une simplicité biblique : fuyons. Pas dans le cloud, non. Plus loin. Dans l'espace.

L'IA est une bulle, mais construisons quand même des cathédrales orbitales

Le plus savoureux dans l'interview, c'est l'aveu. Interrogé frontalement, Robbins admet sans sourciller qu'il pense que l'IA est une bulle. La même qui a propulsé Cisco, brièvement, au sommet du monde lors de la frénésie .com. La logique est vertigineuse : son entreprise mise des milliards sur l'infrastructure réseau pour une hype qu'il sait éphémère, tout en planifiant son exode spatial pour échapper aux conséquences terrestres de cette même hype.

Le syndrome NIMBY, version galactique

Le problème est simple : personne ne veut de ces usines à calcul. Elles font monter les factures d'électricité, défigurent les paysages et polluent soniquement. La solution de Robbins ? Externaliser la nuisance. Au diable les défis techniques monumentaux du refroidissement en apesanteur ou des radiations cosmiques qui grilleront les serveurs comme des toasts. Elon Musk y croit, donc cela doit être sérieux. Sam Altman et une ribambelle de scientifiques pragmatiques sont plus sceptiques, mais qui écoute encore les experts ?

Le « leading edge » qui ne saigne pas (trop)

Robbins se présente en stratège prudent, investissant dans des puces pour se placer sur le « leading edge » mais pas le « bleeding edge ». Une posture confortable pour un fournisseur d'infrastructures : parier sur la tendance sans en subir les risques initiaux. Cisco vend les pelles pendant la ruée vers l'or, peu importe si le filon est épuisable. Et si le terrain devient trop hostile, la pelle deviendra une fusée.

La connexion mondiale dans un monde fracturé

Derrière le fantasme spatial se cache le vrai sujet : l'infrastructure mondiale est sous tension. Qui contrôle les données ? Où les stocker ? Les états-nations réclament des « kill switches » pour leur segment d'internet. Robbins, en bon vendeur de tuyaux, doit naviguer cette géopolitique du bit. Son job est de maintenir la connexion, même si cela signifie faire transiter les données entre des data centers… en orbite basse. Une manière radicale de contourner la juridiction terrestre.

La proposition de Cisco n'est pas une vision d'avenir. C'est l'aveu d'un échec. Plutôt que de rendre les data centers plus efficaces, plus silencieux, plus intégrés, ou de questionner la frénésie de calcul elle-même, la solution est de les catapulter hors de notre vue et de notre conscience. Problème réglé. En attendant, Cisco continue de facturer les tuyaux de la bulle, les pieds sur Terre, la tête dans les étoiles.

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