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ENTREPRISESIL Y A 15H — 3 MIN DE LECTURE

ChatGPT vous la joue personal shopper. Le mannequin, c'est vous.

OpenAI ajoute l'essayage virtuel à ChatGPT : vous envoyez une photo de vous, l'assistant vous colle une parka à 400 balles sur le dos, et une bibliothèque « Favoris » garde le reste à portée de carte bleue. En échange, vous offrez à Sam Altman votre morphologie en données et une cible publicitaire en or massif.

PAR SUSANOO NEWSSOURCE : TECHCRUNCH AI
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OpenAI a trouvé le moyen de rendre le shopping en ligne encore plus humiliant : désormais, plus besoin d'aller en cabine d'essayage pour constater que rien ne vous va. Depuis fin novembre 2025, ChatGPT vous propose de vous essayez vous-même — une photo de vous, un vêtement du catalogue, et le tour est joué. Une bibliothèque « Favoris » conserve pieusement les articles que vous n'avez pas encore achetés. Le service n'est pas facturé. C'est précisément ce qui devrait vous faire dresser l'oreille.

Un miroir qui appartient au vendeur

Premier détail, et il est énorme : le miroir appartient à la boutique. ChatGPT ne vous dit pas si la coupe vous avantage. Il vous dit si elle est vendable. Le modèle tourne sur un catalogue marchand, dans un tunnel de conversion, à quelques pixels du bouton « acheter ». Personne n'a jamais vu une IA de recommandation conclure : « franchement, ça ne vous va pas, gardez vos 80 euros et allez marcher ». Ce n'est pas un conseiller de mode, c'est un VRP déguisé en photographe.

Suivez l'argent

Officiellement, l'essayage virtuel est gratuit. En réalité, c'est le dernier étage d'un entonnoir en construction depuis septembre 2025. Instant Checkout, le protocole de paiement agentique développé par OpenAI avec Stripe, et branché sur les marchands Shopify et Etsy, permet déjà à l'assistant de conclure la vente lui-même — commission à la clé sur chaque transaction. La séquence est limpide : on vous fait réver avec votre propre reflet, on vous fait saliver, on encaisse. L'essayage n'est pas une fonctionnalité de confort. C'est de la publicité interactive que vous financez avec votre visage.

Votre photo de pyjama, actif stratégique

Notez bien ce qu'on vous demande : une photo de vous. Pas un avatar générique, pas un mannequin 3D. Vous, votre morphologie, votre carnation, votre éclairage de salle de bain. Une image nette donne de meilleurs résultats, donc on vous incitera à soigner le cliché — autrement dit à livrer à OpenAI un profil biométrique bien plus fin qu'un simple historique de navigation. Un historique de recherche dit ce que vous voulez. Une photo dit ce que vous êtes. Les deux combinés, c'est un ciblage publicitaire qui ferait pâlir la régie de Meta.

Le consentement, cette formalité

On vous jurera que vos images ne servent pas à entraîner les modèles. Le juron sera logé dans une case à cocher que 0,3 % des utilisateurs liront réellement, perdue dans des conditions d'utilisation de quarante pages. Et le jour où la politique changera — elle changera — vous n'aurez aucun moyen de retirer vos photos, parce qu'un modèle entraîné ne se « désentraîne » pas. Demandez donc à ceux qui ont envoyé leurs données à Clearview AI comment s'est passée la rétractation. Bon courage.

Et les autres, pendant ce temps

Amazon planche sur la même chose depuis des années avec des résultats inégaux. Google bricole ses propres outils d'essayage dans Search. Mais aucun n'a ce qu'OpenAI possède : 800 millions d'utilisateurs hebdomadaires qui ouvrent l'application tous les matins, souvent sans intention d'achat. C'est le plus beau gisement publicitaire jamais constitué, et Altman vient d'y installer un rayon prêt-à-porter.

Bonne nouvelle : vous n'aurez plus l'excuse du « ça rendait mieux sur le site ». Mauvaise nouvelle : le site, maintenant, c'est vous.

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