OpenAI a encore frappé. Après avoir ruiné le métier de rédacteur, le voilà qui s'attaque à celui de croqueur de bite sur tableau blanc. Mardi, la firme de Sam Altman a dévoilé ChatGPT Images 2.5 et son outil Sketch. Le principe ? Gribouiller un truc dans une petite fenêtre, puis supplier l'IA de le transformer en image crédible. Testé d'un doigt graisseux sur une souris, le résultat est effectivement un chat. Et alors ? On peut faire la même chose avec une simple phrase "un chat réaliste", sans avoir à afficher son niveau de dessin de CE2 à un algorithme.
Dessine-moi un mouton, l'IA te sort un chat, et toi tu pondes de l'argent
La méthode est simple : tapez @Sketch dans la boîte de dialogue, un tableau blanc s'ouvre, vous dessinez avec le manque de talent qu'on vous connaît, puis vous décrivez le résultat espéré. L'IA fait le reste. Sauf que la promesse est un mirage. Le gribouillage est un prétexte pour vous faire baisser la garde. Pendant que vous tortillez la molette pour imiter une fourrure, OpenAI collecte votre intention réelle, votre geste, votre humour, votre style cognitif. Chaque trait raté devient une donnée monétisable. Et on vous dit que c'est pour la créativité. On vous prend pour des pigeons, mais des pigeons qui savent quand même tracer un rond approximatif.
Le retour du jeu de dessin, avec de la surveillance en bonus
Cerise sur le caca, vous pouvez désormais commenter directement des zones de l'image. Vous écrivez "oreilles plus grandes" sur l'oreille gauche du chat, et l'IA obéit. On marche sur la tête, ou plutôt on marche sur les pattes du félin. C'est une avancée, si votre définition du progrès technique est de remplacer une phrase dans un champ de texte par une flèche dessinée sur une bouillie de pixels. Pendant ce temps, les illustrateurs qui tentaient encore de vivre de leur travail regardent cette annonce et se demandent s'ils ne devraient pas se reconvertir dans l'élevage de pigeons.
OpenAI vend de l'illusion, et vous en redemandez
Le vrai génie de cette feature, c'est de faire croire que vous êtes à l'origine de l'œuvre. Non. L'IA fait tout. Vous avez juste fourni le contour approximatif d'une chose, et encore, un enfant de trois ans ferait mieux. Mais OpenAI vous flatte : "Votre croquis est la base de l'image" — non, votre croquis est le prétexte pour vous faire rester dans l'écosystème, pour vous faire parler à un chatbot qui vous ressort votre propre nullité artistique comme un exploit technique. C'est le selfie de l'ère de l'IA : on croit créer, on ne fait que se donner en pâture.
Alors, pour qui sonne le glas ? Pour ceux qui pensent que dessiner des bâtons sur un écran est une expression artistique. Non. Le génie, c'est celui qui tape "chat moche" dans la boîte de prompt et obtient le même résultat sans se fatiguer. Mais vous, vous voulez la sensation du crayon. Vous voulez le fric de votre souris. Vous voulez le faux sentiment d'avoir participé. Et puis vous partagerez l'image sur Instagram en disant "regardez ce que j'ai créé avec l'IA". Misère.
En résumé, Sketch est une fonctionnalité parfaite pour les gens qui n'ont jamais dessiné une ligne droite et qui n'ont jamais eu une idée claire dans un prompt. OpenAI n'a rien inventé : il a gamifié l'humiliation créative et la marchandise vos gribouillis. Félicitations, l'avenir est moche, et il est signé Altman.