Amazon's daddy Jeff Bezos et le gouvernement de Sa Majesté viennent de balancer 450 millions de dollars (330 millions de livres) dans une start-up de deux ans qui se pique d'être le « moteur de recherche des matériaux rares ». Une jolie valorisation à 2,6 milliards de dollars pour CuspAI, une boîte de Cambridge qui n'a encore rien livré de concret. Mais rassurez-vous : le hype est là, et avec lui, l'argent des autres.
Les promesses en l'air : « l'IA va sauver les métaux rares »
Le pitch est simple : développer un logiciel d'IA qui accélère la recherche de matériaux et réduit l'usage de métaux rares dans les chaînes d'approvisionnement des fabricants de puces. Sauf qu'aucun client, aucun prototype crédible n'est cité. Les deux ans d'existence de la boîte contrastent joliment avec la certitude affichée des investisseurs. Jeff Bezos, via son fonds, et le Fonds souverain d'IA du gouvernement britannique (oui, il existe) ont mordu à l'hameçon. On attend de voir les premiers tests grandeur nature. En attendant, les communiqués de presse coulent à flots.
Le gouvernement britannique : pompe à fric pour licornes virtuelle
Le gouvernement de Rishi Sunak (ou ce qui en tient lieu) est ravi de montrer ses muscles dans l'IA. Son fonds souverain AI injecte des deniers publics dans une start-up qui n'a même pas de produit commercialisable. Pendant ce temps, les hôpitaux publics britanniques manquent de personnel et les trains sont en retard. Mais hé, on investit dans les « matériaux rares » – une promesse qui sent bon le greenwashing pour fabricants de semi-conducteurs. Les vrais gagnants ? Les fondateurs de CuspAI, qui viennent d'encaisser sans rien prouver. Le contribuable, lui, attendra le retour sur investissement aux calendes grecques.
Bezos : le sauveur qui ne sauve que son bilan
Jeff Bezos n'a jamais été un philanthrope désintéressé. Il investit dans CuspAI parce que c'est un pari technologique à haute visibilité, parfait pour redorer son image après les scandales Amazon (conditions de travail, évasion fiscale, etc.). En misant sur une startup qui promet de réduire l'impact environnemental des puces, il achète une caution écolo à bon compte. 450 millions de dollars pour lui, c'est de l'argent de poche. Pour le contribuable britannique, c'est le prix de plusieurs centaines de professeurs ou d'infirmières. Mais qui compte ?
La leçon du jour : l'IA reste une machine à brûler du cash
CuspAI est le parfait symbole d'une industrie où des valorisations délirantes reposent sur des slides PowerPoint et des promesses non tenues. Les vrais matériaux rares – le lithium, le cobalt, les terres rares – ne se découvrent pas avec un algorithme magique. Ils s'extraient, se raffinent, et polluent. Mais tant qu'il y aura des investisseurs prêts à croire aux contes de fées, les start-up comme CuspAI continueront de brûler l'argent des naïfs. Prochaine étape : l'introduction en Bourse, avec une valorisation à 10 milliards, forcément.
Susanoo News vous dit : ne rangez pas encore votre pelle. Les vrais métaux rares se trouveront toujours au bout d'une mine, pas d'une requête API.