Encore une startup fantôme qui sort de sa grotte avec un chèque de 20 millions de dollars et un pitch digne d'une secte. June, soi-disant « solution d'adoption de l'IA », a débarqué ce matin avec un tour de pré-amorçage — oui, pré-amorçage — signé par le grand manitou de Salesforce, Marc Benioff. L'idée ? Utiliser l'IA pour rendre l'IA plus facile à déployer. On croit rêver. C'est comme demander à l'incendiaire de devenir pompier, avec votre portefeuille en otage.
L'IA pour réparer l'IA : le sophisme du jour
Le raisonnement de June est d'une circularité à vous donner le tournis. Les entreprises n'arrivent pas à « adopter » l'IA ? Pas de problème, on va coller une couche d'IA par-dessus pour que l'IA se déploie toute seule. C'est l'histoire du gars qui se noie et qui décide d'avaler toute la mer pour que l'eau baisse. Le vrai problème, messieurs-dames, n'est pas que l'IA soit compliquée à installer. C'est qu'elle ne sert souvent à rien. Mais vendre du vent, c'est plus rentable que d'admettre que le roi est nu.
On attend avec impatience de voir la « solution » de June. D'ailleurs, on l'attend toujours. Aucun produit, aucune démo, aucune preuve que leur techno fait autre chose que générer des PowerPoints internes. Mais qui a besoin de preuves quand on a un chèque de 20 briques ? Le marché de l'IA fonctionne à la foi, pas aux faits. Et Benioff, le pape du SaaS, a décidé de bénir cette arnaque artistiquement présentée.
Benioff, le parrain qui veut sa part du gâteau
Quand Marc Benioff investit, il ne cherche pas la vérité. Il cherche la prochaine licorne pour gonfler son ego et son portefeuille. Déjà que Salesforce vend de l'IA sous toutes les coutures sans que personne ne comprenne vraiment, voilà qu'il parraine un nouveau délire. C'est le jeu classique du chef d'entreprise qui a peur de rater le train de l'IA. Il met des sous partout, comme on jette des graines au hasard, et espère qu'un arbre à billets poussera. Résultat : des startups comme June peuvent raconter n'importe quelle connerie, il y aura toujours un milliardaire pour signer.
Notez bien le timing : ce financement est annoncé un mardi matin, sans que personne n'ait jamais entendu parler de June. C'est le rituel bien rodé de la tech : on prépare un narratif, on sort de l'ombre avec un gros chèque, et les médias gobent tout. Pas une question sur la viabilité économique, pas une question sur la proposition de valeur réelle. Juste « wow, 20 millions ! » Et le tour est joué.
20 millions pour une idée que personne n'a demandée
Parlons chiffres, puisqu'on parle business. 20 millions de dollars en pré-amorçage, c'est déjà un red flag. Pour une startup qui n'a rien prouvé, c'est la taille d'un tour de série A pour une boîte sérieuse. Mais dans l'IA, les valorisations sont suspendues à un bulletin météo. La vraie question n'est pas « combien », mais « pourquoi ». Pourquoi 20 millions pour un problème que personne ne sait définir ? L'adoption de l'IA n'est pas un bug à corriger, c'est un gouffre à sables mouvants. Les entreprises se jettent dedans par effet de mode, se noient, et on leur vend une bouée en plomb.
Et pendant ce temps, qui se goinfre ? Les fondateurs de June, évidemment. Benioff s'achète une image d'innovateur. Les early employees espèrent des options qui ne vaudront probablement rien. Mais personne ne va dire la vérité : cette startup n'existe que parce que l'IA est devenue une religion dont les prêtres sont des milliardaires en mal de reconnaissance. On ne résout pas un problème avec plus du même problème. C'est le raisonnement d'un ivrogne qui s'offre une tournée générale pour guérir sa gueule de bois.
Le plus drôle dans tout ça ? L'industrie de l'IA elle-même est un problème de déploiement non résolu. Chaque année, on nous sort un nouveau framework, un nouveau modèle, une nouvelle promesse. Et chaque année, la plupart des projets d'entreprise échouent encore. Mais il suffit d'un nom connu et d'un gros chèque pour que l'on reparle de « révolution ». Nous, chez Susanoo News, on ne mord pas à l'hameçon. Le seul déploiement qui compte, ici, c'est celui de la poudre aux yeux.